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Poste aiguillage Sablon

Le Sablon

J’ai habité toute mon enfance entre les voies ferrées du dépôt/triage S.N.C.F. du Sablon et ses locos vapeur, et la rue du XXème corps, sans oublier les gazomètres… Entre ces hauts lieux de la technologie moderne, il y avait une enclave verdoyante et sportive : deux courts de tennis en terre battue que des amoureux de la petite balle (blanche à l’époque) avaient patiemment construits de leurs mains dans les années cinquante. Tout gosse, j’y ai commencé la pratique de ce sport. Adolescent, j’avais alors atteint un certain niveau tennistique, mais cela ne me permettait pas de jouer avec mes copains sur les courts après 18 heures : Tranches horaires réservées aux adultes. Ou alors, il fallait partager son terrain avec un adulte… C’est ainsi que je servis de « sparring partner » à un « grand » qui allait devenir beaucoup plus tard maire de Metz ! Mes activités professionnelles m’amenèrent à rencontrer plusieurs fois Monsieur J.-M. Rausch qui me faisait toujours une remarque toute amicale sur les scores sévères qu’il encaissait face à moi, devant mes collègues très impressionnés que j’ai pu partager ainsi de tels instants avec le maire…

Le club de tennis situé entre le contre-bas de la rue de la Marne et les voies ferrées, s’il disposait d’une douche dans un petit blockhaus et d’une cabane pour ranger le matériel technique, n’avait pas à l’époque ni « club house », ni bar, ni même de frigo… Après une partie, il fallait suivre mes parents qui se rendaient rue du XXème corps à « La Coupole », un café avec une terrasse ombragée qui donnait sur la rue. On voyait ainsi défiler les grosses voitures américaines provenant des casernes du « quartier Colin ». Mais aussi celles qui stationnaient là pour désaltérer leurs passagers d’une petite Amos… Mais, j’ai toujours pensé que la jolie serveuse y était sûrement aussi pour quelque chose…

La proximité des machines à vapeur qui crachotaient leurs escarbilles qui retombaient sur les draps blancs étendus dans la cour avaient le don d’exaspérer ma mère… Tout comme nos séjours sur le pont Franiatte, tout près, où nous allions avec mon frère voir passer ces magnifiques monstres d’acier crachant cette maudite fumée qui nous enveloppait… puis déposait ses taches de suie.
Par François Delaitre - Metz - Janvier 2012

 

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23 février 2012
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