ABBÉ-RISSE (rue de l')
De la place Sainte-Croix à la rue des Murs.
L'abbé Louis Risse (1823-1885) né et mort à Metz, fonda en 1849 la Société des Jeunes Ouvriers. Cette oeuvre philanthropique fonctionne toujours dans la vaste maison portant le numéro 7. Avant cette dénomination, la rue portait le nom de rue de la Fonderie. Elle conservait le souvenir de l'ancienne fonderie dont la maison des Jeunes Ouvriers occupe une partie de remplacement. Les gouverneurs de l'artillerie en achetèrent les bâtiments en 1518 à Didion le Prêtre.
ABREUVOIR (place de l')
De la place Coislin à la rue Haute-Seille.
Elle tient son nom de l'ancien abreuvoir de la Seille, appelé aussi abreuvoir de la Chapelotte, à cause du voisinage de l'ancienne place Chapelotte.
On y menait les chevaux boire et se baigner. A la fin du XIVè siècle, le fond fut pavé de pierres. En 1756, il subit une complète restauration, mais on diminua son étendue. Le 9 frimaire an II, un procès-verbal de visite établi par le commissaire de la commune mentionne la prochaine suppression de l'abreuvoir. Mais cette disparition ne se réalisa qu'un siècle plus tard et par la force des choses lors du comblement de la Seille en 1905-1906. ABREUVOIR (rue de l')
De la place Saint-Louis a la place de l'Abreuvoir. Se reporter à la notice, sur la place de l'Abreuvoir.
ALGER (rue d')
De la rue des Jardins à la rue Chèvremont.
La rue prit son nom actuel le 4 janvier 1840, en souvenir de la conquête d'Alger.
Avant cette dénomination. sa pente raide lui a valu l'appellation de rue Stancul, C'est-à dire je tends le cul; ce qui arrive lorsqu'on la monte.
Remarque fort judicieusement Emmery) dans un manuscrit de la bibliothèque municipale.
Jusqu'en 1840 - écrit Sauer - son ancien nom s'est orthographie de la manière suivante en 1419 ruelle de Stanrue. et ruelle de Stranleur
en 1491 ruelle de Stanceu
en 1531 en Stoncul
en 1690 rue Staku
en 1722 en Stoncul
en 1749 rue Jedendscul
Un arrêté municipal d'avril 1891 lui accorde le nom cc rue de la Montagne, mais un autre arrêté d'octobre 1919 lui restitua sa dénomination de rue d'Alger. ALLEMANDS (rue des)
De la place des Paraiges à la porte des Allemands.
La rue des A1lemands, disaient certains, s'appelle ainsi parce qu'elle se situe sur la route d'Allemagne.
Cette opinion erronée explique pourquoi le Conseil municipal fut à plusieurs reprises et heureusement sans succès, fortement pressenti par des patriotes trop zélés, pour changer la dénomination de la rue.
La voie doit en réalité son nom aux chevaliers teutoniques ou frères hospitaliers de Notre-Dame des Allemands. Elle s'appela d'abord rue de l'Hôpital-des-Allemands, ainsi que le mentionnent les bans de tréfonds de 1241 et 1269, et ensuite, par abréviation rue des Allemands.
Nous trouvons déjà cette appellation en 1251 et en 1267. Nous la retrouvons encore en latin en 1275. et même en aIlenand en 1346.
L'ordre des chevaliers teutoniques, fondé en Palestine en 1190, se répandit bientôt en Europe. En 1216, il s'installe à Coblence. ensuite à Trêves. L'an 1222 voit les chevaliers arriver à Sarrebourg, l'an 1227 à Sarrebrück.
Leur implantation à Metz remonte à l'année 1229, si nous en croyons Emmery qui s'appuyait sur un document aujourd'hui disparu. Des actes de 1241 et de 1245 attestent leur présence dans notre ville. ALLEMANDS (impasse des)
Elle comprend les immeubles numérotés de 36 à 52 de la rue des Allemands.
C'est l'ancienne rue du Sac, déjà citée au XIIIè siècle.
AMBROISE-THOMAS (rue)
De la place de la Cathédrale à la rue du Palais.
Au XVIIIè siècle déjà, l'architecte Blondel proposait le percement d'une communication entre les deux voies. Mais le projet ne se réalisa qu'au début du siècle suivant. La nouvelle artère, nommée rue de la Cathédrale par arrêté municipal du 1er juillet 1816, prit en 1906 le nom du compositeur français Ambroise Thomas (1811-1896). Le célèbre auteur de Mignon naquit dans la maison sise au numéro 19 de la rue du Palais, formant angle avec l'ancienne rue de la Cathédrale. Il était le fils de Jean-Baptiste-Martin Thomas, professeur de musique, né à Metz le 15 avril 1770, et mort dans cette ville le 23 septembre 1823. AMPHITHÉATRE (Avenue de l')
De l'avenue de Magny au passage de Plantières.
Nommée rue de la Douane en 1904, elle porte sa dénomination actuelle depuis 1932.
Elle la doit au grand amphithéâtre romain dont on découvrit les substructions en 1903, lors de la construction de la gare de marchandises. L'amphithéâtre était encore assez bien conservé au XIV siècle. Mais les différents sièges de la ville, et surtout son utilisation comme carrière de pierres, enfin l'édification des fortifications du Pâté, en firent disparaître les derniers débris visibles. ANDRÉ-MAGINOT (boulevard)
Du boulevard Paixhans à la place Mazelle.
Elle perpétue le souvenir d'André Maginot, né à Savigny-sur-Ornain (1877-1932), plusieurs fois ministre de la Guerre, qui a donné son nom à la ligne de fortifications établie sur la frontière française de 1927 à 1936.
Cette voie s'appelait avant la dernière guerre, rempart des Allemands et, jusqu'après 1900, pour la partie existant à l'époque rue du Rempar des Allemands. Cette dernière commençait au rempart de la Basse-Seille et allait rejoindre la rue Mazelle.
Rappelons que le nom de rempart des Allemands, comme celui de la rue des Allemands, n'est aucunement une évocation des habitants de l'Allemagne moderne. Il date de plus de sept siècles et conserve le souvenir des chevaliers teutoniques.
Le boulevard suit le tracé des anciens remparts. La première partie ouverte le fut en 1813, sous le nom de rue Neuve du Rempart, entre la porte des Allemands et le passage derrière l'église Saint-Eucaire. La deuxième partie, vers la rue de la Basse-Seille, le fut en 1846 sous l'appellation de rue du Rempart de la Basse Seille. La démolition du rempart, du côté de la Basse Seille, fut exécutée en 1907.
Entre la porte des Allemands et la place Mazelle, les travaux durèrent de 1904 à 1906. ARÈNES (rue aux)
De la rue Paul-Diacre à l'avenue de l'Amphithéâtre.
Certains affirment que la rue doit son nom à l'amphithéâtre romain dont les vestiges furent mis à jour à l'emplacement de l'actuelle gare des marchandises. D'autres prétendent que le mot Arena indiquait le faubourg du Sablon à cause de son sous-sol composé de gravier et de sable (Ad Arenas). Le mot arène, en géologie, indique encore le sable résultant de la désagrégation des roches granitiques. Nous pouvons allier les deux explications puisque le mot arène signifiait également l'espace sablé, au centre des amphithéâtres, où combattaient les gladiateurs. Avant sa dénomination actuelle, cette voie s'appelait rue de Cuvry. ARMES (place d')
Entre la cathédrale et l'hôtel de ville.
Anciennement, elle avait nom place du grand Moutier ou place devant la grande Eglise. En 1792, elle devint place de la Loi, dont le nom est encore gravé dans la pierre sur la façade de l'hôtel de ville. En 1806, elle fut nommée place Napoléon, appellation qu'elle quitta et reprit plusieurs fois suivant les fluctuations des régimes. Un arrêté du 1' juillet 1816 lui donnait le nom de place de l'Hôtel-de-Ville. En 1870. elle devint la place d'Armes. Pourquoi cette appellation ? A cause des nombreuses prises d'armes qui s'y déroulaient et s'y déroulent encore de nos jours. Les façades de l'hôtel de ville et de l'ancien corps de garde renvoyèrent bien souvent l'écho des clairons et des tambours de nombreuses musiques militaires. ARSENAL (rue de l')
De la rue des Jardins à la rue du Rabbin Elie-Bloch.
Elle comprenait avant la dernière guerre la rue actuelle du Rabbin Elie-Bloch, et s'étendait jusqu'au boulevard Paixhans. Elle tient son nom de l'arsenal d'artillerie qui se trouvait dans le prolongement de la rue. de l'autre côté du boulevard Paixhans actuel. ASFELD (rue d')
De la place Saint-Thiébault à la place Mazelle.
La rue porte le nom de Claude-François Bidal, marquis d'Asfeld, maréchal de France, le continuateur de Vauban, mort en 1743. Elle fut formée, pour la plus grande partie, en 1740, sur l'emplacement des murs du rempart et des fossés établis de ce côté de la ville. En 1793, le grand Séminaire fut converti en ambulance, ce qui valut à la rue de troquer momentanément son nom contre celui de rue de l'Ambulance. AUGUSTINS (rue des)
De la place Saint-Nicolas à la rue Vauban. Anciennement : de la place Saint-Nicolas à la place Saint-Thiébault.
Primitivement, c'était le passage du Cerisier, à cause, parait-il, d'un cerisier qui se dressait à son entrée, du côté de la place Saint-Nicolas. Les Augustins s'établirent à Metz vers 1260, rapporte le chroniqueur Philippe de Vigneulles : En celluy temps que couroit le milliaire par mil deux cent et LX, accommençoit en prime à venir en bruit l'ordre des hermites que nous appelons les Augustins. Et selon ce que je puis entendre et cognoistre, furent premièrement environ ce temps, fondés en Mets. Les historiens bénédictins confirment les assertions du chroniqueur. La rue ne prit son nom actuel que vers 1740, lorsque les Augustins agrandirent leur couvent et pratiquèrent une entrée de ce côté. Après les importants travaux d'urbanisme qui donnèrent naissance, sous l'annexion, à l'actuelle avenue du Maréchal-Foch et au quartier de la gare, l'artère fut prolongée jusqu'à la rue Vauban. BASSE-SEILLE (rue de la)
Des rues Saulnerie et du Pont-de-la-Grève au boulevard Paixhans.
Elle était bordée anciennement par le mur d'enceinte de la ville, qui aboutissait au pont de la Grève. Le comblement de la rivière de Seille, en 1905, sur le bas de son parcours à travers la cité, permit son élargissement. BADE (rue de la)
De la rue Mazelle au boulevard André-Maginot (ancien Rempart des Allemands).
Son nom, en patois messin, signifie fosse. C'était autrefois une impasse, sans issue sur le rempart, qui conduisait au cimetière et à l'ancienne sacristie de Saint-Maximin. Les actes de sépultures consignés dans les vieux registres de cette paroisse mentionnent fréquemment cette voie :... et après les prières des obsèques achevées, y lit-on ordinairement, le corps dudit... a été levé du choeur et transporté par le passage de la bawe dans le cimetière attenant à ladite église, pour y être inhumé : les assistants de leur côté s'étant rendus au dit cimetière par l'entrée commune. En l'an 1480, Mathieu de Gournay, écuyer, acquit le droit de traverser la ruelle de la Baüe, à côté de l'église, pour lui et les hoirs de la maison qu'il possède à l'extrémité du passage et qui le ferme en son endroit particulier (Observations séculaires de Paul Ferry). Cette maison bouchait complètement la ruelle de la Baue, et son arrière donnait sur le rempart. Sur un plan de 1784, la rue est dite rue de la Paroisse. La partie contiguë au rempart a été élargie à différentes époques. Une pétition du 8 juin 1845, rapporte Chabert, exposant que le nom de rue de la Baue est inconvenant et ridicule à tout le monde : qu'il n'y a même plus de plaque à aucune extrémité, avait sollicité l'administration municipale de nommer le passage dont il s'agit rue Saint-Maximin, puisque, dit la pétition, il longe cette église. Le maire fit la sourde oreille et se contenta simplement de replacer des plaques portant l'ancien nom. BELLE-ISLE (rue)
De la place du Saulcy à celle du Pontiffroy.
Elle fut établie en 1737 par ordre du duc de Belle-Isle, gouverneur de Metz, et porta d'abord le nom de rue du Rempart Belle-Isle. Anciennement, il existait sur une partie de son tracé, entre la rue du Pont-des-Morts et les environs de l'actuelle place Saint-Vincent, une vieille rue appelée rue du Mail. A cet endroit s'étendaient depuis le début du XVè siècle, affirment certains une allée et le terrain du jeu du mail. BÉNÉDICTINS (rue des)
De la rue du Pont-Moreau à la rue Belle-Isle.
Elle fut ouverte en 1737, la même année que la rue Belle-Isle, sur des terrains qui dépendaient des abbayes bénédictines de Saint-Vincent et de Saint-Clément. D'abord nommée rue Foucquet, pour honorer le duc de Belle-Isle, elle troqua bientôt cette appellation contre son nom actuel. BLÉ (rue au)
De la rue Pierre-Hardie au marché couvert.
Ainsi nommée à cause du marché et des anciens dépôts de blé tenus en ce lieu (Chabert). Edouard Sauer a relevé différentes orthographes du mot :
1498: rue du marché à Bleidz.
1499: rue à Bleifs
1509: rue à Bleds
1566: rue à Bleidz
1687: rue aux Bleds
1690 : rue au Blé
Il existait jadis près de la rue au Blé une artère nommée rue aux Grues ou rue au Son. Grue est un ancien mot patois qui signifiait son, de la même famille que le mot gruau, dérivé du francique. BLONDEL (rue)
De la place d'Armes à la rue du Palais.
A une époque, elle fut dite rue Sous-le-Palais. L'arrêté municipal du 1°' juillet 1816 stipule : la petite rue dite sous le Palais, le long de l'emplacement destiné à un marché couvert, sera dénommée rue du Marché-Couvert. Le dit marché resta en projet jusqu'au moment où la ville acquit les bâtiments destinés à un palais épiscopal, et dont la construction avait été abandonnée. La partie actuelle de la rue, allant de la place d'Armes à la rue Paul-Bezanson, se nommait jadis ruelle Sergent (1284), parce que le sergent municipal y tenait logis. L'autre partie, comprise entre la rue Paul-Bezanson et celle du Palais, avait nom rue Vazelle (1338). Ce nom représente probablement une déformation de vaxel, ancienne mesure pour le sel. Une voûte couvrait une partie de la rue et reliait l'ancien palais du Parlement à la place d'Armes. Depuis 1934, cette artère porte le nom de rue Blondel. Jacques-François Blondel (Rouen 1705 Paris 1774), était architecte du roi et membre de son Académie. Louis XV le chargea d'exécuter un projet pour la construction du grand portail de la cathédrale de Metz, et d'établir, dans la même harmonie, un ensemble de bâtiments dont l'hôtel de ville, le corps de garde, le palais épiscopal (qui ne fut lamais terminé et devint marché couvert), ainsi que d'autres constructions du même style qui flanquèrent la cathédrale. Cette réalisation formait un ensemble très harmonieux dans sa sévérité, qui existe toujours, sauf le portail de la cathédrale remplacé pendant l'annexion par un portail néo-gothique, et les maisons qui s'appuyaient à la cathédrale. BONNE-RUELLE (en)
De la rue Serpenoise à la rue des Clercs.
Elle s'appelait primitivement Bonne Ruelle des Febvres ou ruelle des Serruriers. En ne conservant que le nom de Bonne-Ruelle, elle laissa à la petite place qui se trouve à son entrée, du côté de la rue Serpenoise, le nom de place aux Febvres (Sauer). Un acte de 1290 cite une maison en la Bonne-Ruelle, au chief de la viez Bucherie, et un autre, de 1432, une maison située sur le tour de la Bonne-Ruelle en la viez Bucherie, et au chie( de la rue de la Trinité. BONS-ENFANTS (rue des)
De la place Chappé à la rue de la Tête-d'Or.
C'est là que fut fondé, en 1276, le Collegium bonorum puerorum ou Confrérie des boins anffants, ayant pour chef lou clair Conrad. Ces boni pueri préparèrent, prétend-on, les représentations des mystères ou jeux religieux qui connurent une grande vogue à Metz au commencement du XVe siècle. Un titre daté de 1312, relate Chabert, cite l'acquisition faite par les enfants Sans-Souci, à l'entrée de la ruwe des Boins-Enfants, du vaste terrain qui joignait la maison à leur collège. (Archives de l'Académie royale de Metz, année 1767). Selon Sauer, l'acte le plus ancien nommant la rue date de 1220. Des écrits mentionnent la rue des Boins enfants en 1267, ainsi que la rue des Bons-Alfans, en 1474. Les scribes, dont l'orthographe suivait les règles légères d'une aimable fantaisie, écrivaient aussi : Boins anffans, Boins Enffans, Bons-Auffans en 1405. Bons-Enffans en 1504. BOUCHERIE SAINT-GEORGES (rue) De la place Jeanne-d'Arc au pont Saint-Georges.
Cette rue porta successivement à travers les siècles les noms de rue de Porte-Moselle, rue Boucherie Sainte-Ségolène vers 1750, rue Boucherie Saint-Georges, rue Boucherie Ventôse en 1793. A l'époque romaine, la Porte Moselle s'ouvrait près de l'ancienne place des Maréchaux. De là partait la voie qui conduisait, en longeant la Moselle, à Caranusca et à la cité impériale de Trèves. La Porte Moselle donna son nom à un Parage et à une des trois mairies de Metz. Depuis la construction récente des blocs d'immeubles du quartier Saint-Ferroy. il ne subsiste qu'un segment de la rue, dans le haut et sur un seul côté. BOUDAT (ruelle)
De la rue Haute-Seille à la rue Vigne-Saint-Avold.
En face de la rue Saint-Etienne, il existe un passage, voûté en partie, appelé ruelle Boudat, probablement du nom d'un particulier, qui communique avec la rue Haute-Seille. C'était autrefois une impasse qui butait contre une maison donnant sur la Seille. Cette ruelle fut interdite en 1740, sur la demande des habitants de l'endroit, parce que se plaignaient-ils les soldats et les filles de mauvaise vie s'y donnaient rendez-vous. BOUFFLERS (jardin) Derrière le Palais de Justice, entre l'Esplanade, le boulevard Poincaré et la rue de la Garde.
Il perpétue le souvenir de Louis-François, marquis de Boufflers, pair et maréchal de France, gouverneur des Trois-Evêchés (1644-1711). Ce lieu s'appelait jadis Jardin de la Haute-Pierre, parce qu'il s'étendait derrière la grande maison dite de la Haute-Pierre, dans la rue actuelle de ce nom. Lorsque l'hôtel de la Haute-Pierre devint la demeure des gouverneurs de la province, ce jardin leur servit de potager. Le maréchal de Boufflers le rendit public en 1687, ce qui agrandit d'une manière appréciable la promenade de l'Esplanade. C'est en souvenir de cette libéralité du gouverneur que la ville donna le nom de Jardin Boufflers à ce nouveau jardin public. CAMBOUT (rue du)
De la rue Saint-Henry à la rue Haute-Seille.
Elle doit son appellation à l'arrêté du 8 juin 1731 qui donna aux quatre rues entourant la place de Coislin les noms et prénoms du généreux prélat. CAMOUFLE (Square)
De l'avenue Maréchal-Foch au rempart Saint-Thiébault.
Ce square tient son nom de la tour Camoufle, un des rares vestiges des fortifications du Moyen Age. Elle prit le nom d'un bombardier messin renommé pour son adresse au tir. CAPUCINS (rue des)
De la place Jeanne-d'Arc à la rue du Paradis.
La rue conserve le souvenir du couvent des Capucins, fondé en cet endroit en l'an 1602, dans une maison de plaisance dite la Joyeuse Garde. En 1790. ce couvent était le siège d'une nombreuse communauté, soit 24 pères et 5 frères lais, nombre qui s'explique par la présence dans la maison d'une école de théologie. Le monastère fut supprimé en 1791, et les religieux transférés dans la maison des Récollets irlandais de Boulay. CASERNE (rue de la)
De la place Chambière à celle du Pontiffroy.
Elle s'appelait précédemment rue des Fumiers, à cause, affirme Chabert, du voisinage des écuries des casernes. La caserne qui donna son nom à la rue en occupait tout le côté droit. L'entrée se trouvait place Chambière. Mais un ancien portail, depuis longtemps désaffecté, s'ouvrait en face de la rue Michel-Praillon. Jean-Chrysostome Rollier en sculpta le fronton en 1770. Un second portail, exécuté par le même artiste, s'élevait dans le prolongement du premier, sur la seconde aile de la caserne. CATHÉDRALE (place de la)
De la place d'Armes et la rue d'Estrées aux rues Paul-Bezanson et Ambroise-Thomas.
Cette place fut formée au début du siècle dernier. Auparavant, c'était la cour de l'ancien évêché ou palais épiscopal. Un arrêté municipal du 10' juillet 1816 lui donna le nom de place de la Cathédrale. CHAMBIÈRE (place)
Y aboutissaient les rues Chambière, Tour-aux-Rats et de la Caserne. Se reporter à la notice sur la rue Chambière. CHAMBIÈRE (rue)
De la rue du Pont-Saint-Georges à l'ancienne place Chambière.
Elle portait déjà ce nom énigmatique au Xll siècle. Nous ignorons toujours l'origine de cette appellation si, toutefois, nous laissons de côté l'affirmation fantaisiste de Chabert. C'était écrit-il le chemin aboutissant aux champs de repos ou champs d'asile. C'était le grand cimetière de la ville : le champ de bières. CHAMBRE (place de)
De la rue du Faisan à la rue du Pont-de-la-Préfecture.
L'origine de ce nom dit Chabert est rapportée en ces termes dans le manuscrit 128 de la Bibliothèque municipale : Les Templiers qui residoient ou est la citadelle ayant été exterminés en vertu de l'ordonnance du concile général de Vienne tenu en 1311, leurs biens furent partagés aux chevaliers de Ste-Elisabeth de Hongrie et aux chevaliers de St-Jean de Rhodes nommés depuis chevaliers de Malthe. On batit deux prieurés ou commanderies pour ces deux ordres, l'un proche les murs de la ville, et l'autre dans l'un des trois châteaux de l'ancienne fondation de Metz. Ce dernier fut érigé en Chambre pour toute la province de par deçà, c'est-à-dire en un lieu ou les commandeurs et chevaliers s'assembloient pour tenir leurs chapitres généraux, c'est pourquoy ce lieu situé au bas de l'église cathédrale s'appelle encore la place de Chambre. Nous retrouvons cette version dans les Chroniques publiées par Huguenin en 1838. Or, Paul Ferry, dans ses Observations séculaires, remarque qu'en 1278 la place de Chambre portait déjà son nom actuel. Edouard Sauer partage cet avis : Nous ajouterons dit-il que la place de Chambre (in Thalamis dans les anciens titres) tire réellement son nom d'un antique hôpital fondé vers le XII' siècle par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui en firent le siège d'une Commanderie de leur Ordre. Cet hôpital, désigné sous le nom de Petit Saint-Jean en Chambre, s'étendait jusqu'au bord de la Moselle et comprenait un ancien château de construction romaine, dont l'aspect nous a été conservé par un dessin de Châtillon ». Et il cite, à l'appui de son assertion, différents actes où figure le nom de la place. Nous ne rapporterons ici que ceux du XIIIè siècle :
1221 : Domna pontia de Thalamis
1224: Maison sise derrière le chancel du grand Moutier, vers Chambre
1240: Maison en Chambre, derrière Saint-Georges
1245: Maison en Chambre, derrière le marché Saint-Vincent
1246 et 1275 : Maison devant l'hôpital, en Chambre
1275 et 1301 : Maisons situées en Chambre. CHAMPÉ (rue du)
De la place des Paraiges à la place de la Grève.
Originairement, écrit Chabert, endroit bas, humide, situé le long de la Seille, qui manque de pente et a des rives très basses. Et il affirme qu'une des plus anciennes familles messines s'étant fixée au quartier dit le Champel outre Seille, en prit le nom. Colin de Champel, du Paraige du Commun, époux de dame Jeannette, fut le père de Henriot ou Henry de Champel dit Roucelz, aussi du Commun, et maitre échevin au commencement du XIV' siècle, de qui la maison Roucelz est descendue. Jean-Julien Barbé dit au contraire que le lieu tient son nom de la famille des Champels qui possédait probablement un hôtel dans ce quartier. Edouard Sauer abonde dans le même sens. II cite plusieurs actes du XIIIè siècle qui concernent le hait (haut) et le baix (bas) Champel. Dans l'Histoire illustrée de Metz et de ses environs, par Auguste Terquem, publiée en 1856, nous lisons à la page 85 : Tous les Roulz ou Rousselle de notre ville tirent leur origine de la cité messine et sont une branche de la maison de Champez, établie avant le XIIIè siècle en cette ville, à laquelle elle a donné plusieurs maitres échevins Ce nom s'est écrit de bien des manières, quoique désignant toujours la même famille Roulz, Roucel, Rousselle, Roussel. Le chevalier Henri de Champez prit le nom de Roucelz comme surnom, à cause de la couleur rousse de ses cheveux. Hypothèse que nous considérons comme un peu fantaisiste. Avant qu'il se couvre de constructions, le quartier du Champé offrait un séjour agréable sur les belles rives verdoyantes de la Seille. Plusieurs familles nobles y possédaient hôtels ou maisons de plaisance. Certains prétendent aussi que le nom de Champé viendrait de Petit Champ. CHANDELLERUE (en)
De la rue Maurice-Barrès à la rue du Neufbourg.
Nous risquons fort d'errer et de nous égarer en étudiant l'étymologie de Chandellerue. Evitons d'abord de confondre cette artère avec l'ancienne Chandelle- rue qui se trouvait, jusqu'à la fin du XVIII' siècle, dans le bas de la rue Saulnerie, dans le sens et près de l'actuelle rue Basse-Seille. Nous avons parlé de cette artère dans notre ouvrage sur Le Quartier Saint-Eucaire. Pour compliquer le problème, il existait encore un endroit appelé Chauvelureue, Chauvelurelle ou Chaulurelle, lequel, selon Edouard Sauer, est l'ancienne Chavelerue, supprimée en 1739. Nous reviendrons tout à l'heure sur cette voie.
Mais ne suivons pas l'exemple de l'ancien archiviste susnommé, et n'accablons pas le pauvre Chabert qui confondit ces deux dernières artères avec l'actuelle Chandellerue. Voici l'explication donnée par Chabert : « Anciennement, on écrivait Chauvelureue, Chauelurelle. Il y avait à cet endroit un petit cours d'eau où on lavait le linge de peu de valeur ou usuel. Par corruption, on a fait du mot en vieux langage le nom moderne de Chandellerue, comme si ce quartier était assigné aux fabriques de suif et de chandelles,. Barbé, quant à lui, reprend à son compte une partie de cette opinion en écrivant : « Au XVIII siècle, elle (Chandellerue) était encore désignée sous le nom de Chauelurelle ; chaue ou chauer signifie en patois laver, et lurelle, du linge de peu de valeur ou usuel. II y avait sans doute à cet endroit un lavoir qui servait aux ménagères du quartier. »
Le cours d'eau ou le lavoir dont il est question se rapporterait-il à l'ancienne Chandellerue de la Basse Seille, ou à un troisième bras de la Seille qui suivait le fossé de fortifications et passait devant la première porte Saint-Thiébault avant de rejoindre les douves de la citadelle ? La thèse de Sauer, en résumé, est la suivante :
La rue avait nom Chaude-Ruelle. Elle devait son appellation à son peu de largeur et à son orientation au sud de la ville. Elle était plus longue qu'aujourd'hui et se divisait en deux rues : la vieille et la nouvelle. La vieille rue Chaude-Ruelle troqua son nom pour celui de rue de la Fonderie (à ne pas confondre, cette fois, avec l'actuelle rue de l'Abbé- Risse qui portait précédemment ce nom) parce qu'elle passait devant la fonderie royale construite en 1740, et dont les vestiges subsistaient il y a encore peu de temps place Saint-Thiébault. C'est notre Chandellerue actuelle. La nouvelle rue Chaude-Ruelle ou rue Neuve de Chaude-Ruelle adopta, quant à elle, le nom de rue des Prisons-Militaires. Il s'agissait de l'actuelle rue Maurice-Barrès. Avant son prolongement vers Sainte- Glossinde. c'était une ruelle infecte appelée Cul-de-sac de Chaude-Ruelle.
Sauer donne encore la liste de plusieurs écrits où nous retrouvons le nom de Chaude-Ruelle plus ou moins estropié par les scribes : Chevaule-rue, Chaüe-Ruelle, Chauruelle. Un écrit de 1771, cité par le même auteur, précise : Chandellerue, ancienne rue Chaudeuuelle. Nous voici donc bien fixés sur l'ancienne dénomination de Chandelle-rue. Mais Sauer donne encore, à l'appui de sa thèse sur la Chaude-Ruelle, les actes suivants :
En 1500, Pierre Baudoche cède une grange près de la rue Chaulurelle. Le 26 juin 1718, le Bureau des finances autorise l'abbé de Gravelle à faire avancer de deux pieds sur la rue Chaulurelle, le petit bàtiment qu'il projette de construire dans cette rue. Or, tout à l'heure, nous avons vu que Sauer attribuait ce nom de Chaulurelle à la rue Chavelerue, différente, selon lui, de Chaude-Ruelle. II y a là, de sa part, une flagrante contradiction.
Quant à nous, nous sommes bien prêts de faire une concession à Chabert en pensant que Chavelerue et Chandellerue et par voie de conséquence Chauvelureue, Chauvelurelle et Chaulurelle n'étaient qu'une seule et même artère. Ces différents noms ne représentent, à notre avis, que des déformations du mot Chaude-Ruelle. Ce fait semblerait se confirmer par un écrit du 8 avril 1769, des archives du Bureau des finances également cité par Sauer pour étayer à tort sa thèse contraire qui mentionne Chandellerue, appelée communément Chaulurelle ou Chaudelurelle, derrière la Fonderie. CHANGE (rue du)
De Fournirue à la place Saint-Louis.
Dans cette rue, ainsi que sous les arcades de la place du Change (actuelle place Saint-Louis), plus de soixante changeurs se livraient derrière leurs tables où s'empilaient florins, tournois et toutes sortes de monnaies étrangères, au commerce et au change de l'argent. Cette industrie devint au Moyen Age une des principales sources de prospérité de la république messine. CHANOINE-COLLIN (rue du)
De la place d'Armes à la rue Chèvremont.
Elle portait primitivement le nom de rue du Haut-Poirier, appellation actuelle de l'ancienne rue voisine de la Bibliothèque. Quelques années après la Grande Guerre, elle prit le nom de rue du Chanoine-Collin. Henri-Dominique Collin naquit à Bourges en 1853, de parents du Pays messin. II devint chanoine honoraire, directeur du journal Le Lorrain et sénateur. II mourut à Metz en 1921. CHAPELOTTE (place)
La place Chapelotte, aujourd'hui, n'existe plus. Bien malin serait celui qui, à première vue, pourrait situer son emplacement exact.
Elle se trouvait au carrefour formé par les rues de Coislin, Saint-Charles, du Pont-à-Seille et la place de l'Abreuvoir. Elle tenait son nom de la petite chapelle ou chapelotte qui existait déjà en 1335 à côté du premier hôpital destiné à recevoir les femmes en couches. Dans son testament daté de la Vigile Saint-Etienne de l'an de grâce 1334, le chevalier de la Cour, ancien maître échevin, affectait 500 livres de Metz à l'établissement d'un hôpital por habergier et por retenir toutes manières de femmes gissant et autres femmes et que nuls ni soit halbergiés mai kes femmes soulement (Archives de la Moselle, G. 490). Il dotait en outre cette fondation d'une rente de 500 livres. Les testateurs demandaient aussi qu'y soit établie une chapelle et que le chapitre de la cathédrale y désignât deux prêtres prud'hommes et convenables pour faire le service au dit hôpital et y chanter la messe et toutes les heures chaque jour. à perpétuité, pour le repos de son âme et de toutes les âmes de ceux et celles qui lui sont parents. CHAPLERUE (en)
De la rue Serpenoise à la rue de la Chèvre.
Dans des écrits du XIIIè siècle, nous relevons les noms de Chaipeleruwe (1220) ou Chaipeleirue (1278 et 1299). C'était, dit Jean-Julien Barbé, la rue des Chapeliers. Cette version ressort du domaine de la fantaisie. La thèse de Chabert semble plus valable : la rue tiendrait son nom de deux chapelles : celles du Petit-Clairvaux (sise à l'angle avec ta rue actuelle Dupont-des-Loges) et celle du Saint-Esprit (à l'angle avec la rue des Parmentiers). Cette thèse est actuellement retenue par la plupart des historiens. CHAPLERUE (Impasse)
S'ouvre sur Chaplerue. Se reporter à la notice sur cette dernière rue. CHAPPÉ (place)
La place Chappé, aujourd'hui disparue, s'étendait de la rue des Bons-Enfants à celle de la Chèvre.
De vieux écrits la désignaient sous le nom de place de Porsaillis. Son appellation lui vient vraisemblablement d'une branche de la famille des Raigecourt surnommée Xappel ou Xapey, qui y possédait un hôtel. Un poème du XIVè siècle relate :
Xappé happé s'est échappé (d'un combat)
Il agit en sage le seigneur Chappé
Quand il s'enfuit à Metz, sinon à coup sûr
Il eut pu être frappé
Ou tué ou pris au piège et jeté en prison,
Dans l'affaire où l'on fit près de deux cents prisonniers. CHARRONS (place des)
De la rue Mazelle à la rue Haute-Seille.
Elle s'appelait Neuverue au XIIIè siècle, rue des Chariers dès 1452, place des Sans-Culottes en 1793. Jusque vers le milieu du XVlllè siècle, elle n'était qu'une simple rue. Son nom de Neuve-Rue venait de ce qu'elle menait au Neuf-Pont ou Pont-à-Seille. Nous ignorons à quelle date elle prit l'appellation de rue des Chariers, probablement lors de l'établissement, sur son parcours, d artisans fabriquant des voitures et des charrues. Sur un plan de 1738, une ruelle du nom de rue Agathe s'ouvrait en face de la maison actuelle numéro 50 de la rue Mazelle. Trois maisons séparaient cette venelle de la place. La ville acheta ces trois immeubles en 1747 et les démolit. De place des Charters, le lieu devint plus tard place des Charrons. CHATILLON (rue)
De la place Sainte-Glossinde à l'avenue Maréchal Foch.
Etablie en 1739 sur les anciens remparts de la tour Serpenoise, elle prit l'appellation de rue Neuve-Saint-Gengoulf, du nom de l'église située à son entrée. Elle doit sa dénomination actuelle à la maison numéro 4, édifiée par les religieux de l'abbaye de Châtillon, ordre des Citeaux, dans le diocèse de Verdun, sur un terrain que le roi leur donna en 1739. Le populaire l'appelait Refuge de Châtillon, parce que les moines y cherchaient asile en temps de guerre. En 1793, la rue s'appela rue Helvetius. CHÈVRE (rue de la)
De Fournirue à la rue des Parmentiers.
La rue s'appelait primitivement rue des Gournais, ancienne famille messine qui y possédait un hôtel. Chabert prétendait que cette voie « tire son nom actuel de son ancien escarpement, que des travaux successifs ont réussi à faire disparaître ». Cette affirmation semble erronée. La rue, parallèle à la rue du Change et aux arcades de la place Saint-Louis, ne paraît pas avoir subi d'importants dénivellements. La seule vue des lieux circonvoisins en témoigne. D'autres disent que cette artère tire son nom d'une hôtellerie à l'enseigne de La Chèvre. Edouard Sauer fait bon marché de ces hypothèses et nous donne une explication beaucoup plus plausible. Le nom de rue de la Chèvre, selon lui, date des environs de 1579 et commémore le souvenir de Collignon de la Chieuvre (ou de la Chèvre), riche négociant qui demeurait, dit son testament daté du 7 juillet 1458, dans la rue des Gournaix. Il légua des biens considérables à l'hôpital Saint-Nicolas et à diverses maisons religieuses de la ville. Si la rue attenditplus d'un siècle après le trépas de Collignon de la Chèvre pour prendre son nom, nous devons en rechercher le motif dans la crainte de froisser la puissante famille des Gournay, grosse créancière des ducs, des évêques et de la noblesse du pays. Le nom de la rue s'orthographiait ainsi :
En 1579: rue de la Chieuvre.
En 1585 : rue de la Chiepvre.
En 1599: rue de la Chlèvre.
En 1726: rue de la Chèvre.
En 1642, Louis XIV octroya aux Jésuites le temple protestant de la rue de la Chèvre. Le segment de cette artère sis entre les rues de la Tête d'Or et des Parmentiers porta alors pendant quelques années le nom de rue des Jésuites. L'église du collège des Jésuites devint ensuite l'église Notre-Dame, ce qui provoqua, en 1854 et en 1892, des pétitions proposant que la rue prenne le nom de rue Notre-Dame. Ces demandes restèrent sans suite. CHÈVREMONT (rue)
De la rue du Chanoine-Collin à la rue Boucherie-Saint-Georges.
Elle tient son nom dit-on de l'escarpement extraordinaire de son cours avant que d'importants travaux en aient quelque peu adouci la pente. M. l'abbé Nicolas Baroth écrit (A propos de Chèvremont - Les Cahiers Lorrains, n° 2, avril 1969) que d'après des renseignements communiqués par une Ursuline allemande, Soeur Grégoria Bâseler, une légende germanique mentionnerait l'existence d'un château de Kefermont près de Metz, ainsi appelé à cause du grand nombre de coléoptères (Kâfer) qui grouillaient sur la colline où il avait été bati. Nous avons répondu à Soeur Grégoria poursuit M. l'abbé Baroth qu'il n'y a sans doute jamais eu de chàteau de Kefermont dans le pays messin, mais que ce nom fait penser à celui de la rue Chèvremont à Metz, rue qui longe l'emplacement de l'ancien palais des rois d'Austrasie......Le nom de Chèvremont nous est signalé la première fois pour l'année 1250, pour désigner la rue où demeurait alors la famille Baudoche. Le nom est sans doute bien plus ancien. II semble avoir été à la mode au Moyen Age. Un Chèvremont en Belgique est cité en 947 sous le nom de Kevermunt. On en a retrouvé les vestiges près de Vaux-sous-Chèvremont dans la principauté de Liège ». Kefermont et Kevermunt, d'où dériveraient Chèvremont signifieraient-ils vraiment Mont des Scarabées, ou ne serait-ce qu'une déformation tudesque de la prononciation du mot Chèvremont la question reste posée. Sur un plan de 1736, la rue est dite rue du Porcillon. CITADELLE (rue de la)
De l'Esplanade et de la place de la République à l'avenue Ney.
Après le siège de 1552, les Français s'installèrent à Metz et annexèrent purement et simplement notre ville. De crainte de soulèvements possibles de la part des Messins, le maréchal de Vieilleville construisit, de 1556 à 1563, la citadelle. Sa démolition commença en 1791. Le 22 août 1797, un décret destinait le terrain qu'elle occupait à la création d'un quartier neuf et à l'agrandissement de l'Esplanade. La paroisse Saint-Jean de la Citadelle se trouva supprimée en 1791, et l'église arasée en 1803. Enfin, à partir de 1900, l'occupant opéra de nombreuses et importantes transformations, et fit pratiquement table rase de l'ancienne citadelle. On y découvrit de nombreux vestiges gallo-romains. Seules échappèrent aux démolisseurs la chapelle des Templiers et l'église Saint-Pierre-aux-Nonains. CLERCS (rue des)
De la rue Fabert à la rue Winston-Churchill.
Elle est formée par deux anciennes rues : la rue des Clercs et la rue du Voué ou rue le Voué en l'Aulne. Dans cette dernière artère se trouvait l'hôtel du voué, magistrat chargé des affaires de la cité. La rue du Voué allait vraisemblablement de la maison actuelle numéro 17 à la place de la République, en empiétant sur le terrain de cette dernière. Sur un plan de 1603, elle est dite rue de M. le Président à cause de l'établissement des présidents nommés par le roi pour rendre justice. La rue des Clercs figure déjà dans un acte de 1360. D'après la tradition, ce nom aurait été donné à la rue lorsque les chanoines de la cathédrale, quittant la vie commune, vinrent l'habiter. Un clerc était un membre du clergé. Cependant, il semblerait plutôt que le nom de rue des Clercs vienne des pauvres clercs de Sainte-Reinette dont la chapelle, construite en 1358, était sise vers le milieu de cette rue. Pendant la Révolution, elle fut dite rue Marat. COÈTLOSQUET (rue du)
De la rue Serpenoise à la place Saint-Martin.
Anciennement, elle formait une partie de la rue de l'Esplanade, mais n'arrivait pas jusqu'à la place Saint-Martin Prolongée de ce côté en 1818, elle prit le nom de rue Neuve de l'Esplanade. Un arrêté municipal d'octobre 1919 ordonna que la partie de la rue de l'Esplanade, depuis la rue Serpenoise jusqu'à la place Saint-Martin, porterait désormais le nom de du Coëtlosquet. Dans nos divers ouvrages, nous avons souvent cité la famille du Coëtlosquet, et plus particulièrement le vicomte Maurice, né et mort à Metz (1836-1904) qui consacra une très grande partie de son immense fortune aux oeuvres de charité messines. La ville lui devait cet hommage. COFFE-MILLET (rue du)
Dans l'ancien quartier Saint-Ferroy.
Ce nom étrange se prononçait jadis en patois relie dou Caffe-Meillat, c'est-à-dire rue de l'Ecosse-Millet. Les huiliers qui habitaient primitivement la rue y écossaient le millet. COISLIN (place de)
Avant les constructions de la gare des autobus et des grands immeubles modernes, la place de Coislin occupait exactement l'emplacement du Champ-à-Seille médiéval, entouré de maisons à arcades. Selon Edouard Sauer, le plus ancien acte citant le Champ-à-Seille daterait de 1197. Henry-Charles du Cambout, duc de Coislin, pair de France, premier aumônier du roi, membre de l'Académie française, était évêque de Metz depuis 1698. Très riche, il employait toutes ses ressources au soulagement des misères et en fondations pieuses. A cette époque, les nombreux militaires dont la ville regorgeait logeaient chez l'habitant. Nous nous rendons difficilement compte, aujourd'hui, de ce que représentait une telle charge. L'entrée à toute heure du jour ou de la nuit, à grands bruits de bottes et de traînements de sabres, d'hommes frustes et grossiers, l'irruption brutale de soudards dans l'intimité de femmes et de jeunes filles, les logements de l'époque aux pièces mal distribuées qui obligeaient à une promiscuité malsaine, rendaient un tel fardeau souvent intolérable. C'est alors que, touché par les doléances de ses diocésains, Mgr de Coislin entreprit à ses frais la construction de vastes casernes. Commencées en 1726, elles furent terminées en 1731. Le 8 juin 1731, Messieurs de l'hôtel de ville prirent l'ordonnance suivante : IL A ÉTÉ ARRETÉ que la Place formée actuellement par la construction des Cazernes dans celle du Champ-à-Seille, portera dorénavant le nom de PLACE DE COISLIN : que les quatre Faces desdites Cazernes formant un pareil nombre de Rues différentes, celle qui conduit du Carteau aux Célestins, sera pareillement nommée RUE SAINT-HENRY ; celle qui conduit de l'Hôpital Saint-Nicolas à la Haute-Seille, RUE DU CAMBOUT : celle qui conduit de la Haute-Seille au Cheval Rouge, RUE DE SAINT-CHARLES, et celle qui conduit du Cheval Rouge au Carteau, RUE DE COISLIN ; lesquels noms seront gravez en Lettres d'Or sur des marbres incrustez dans chacune des Faces desdites Rues. Les casernes ont disparu un peu avant la dernière guerre. COISLIN (rue de)
Elle allait de la place du Quarteau à l'ancienne place Chapelotte.
Elle devait son nom à l'arrêté du 8 juin 1731, cité dans la notice précédente. COMÉDIE (place de la)
Elle est limitée par les rues du Pont-Saint-Marcel, du Pont-des-Roches et la place de la Préfecture.
En 1732, c'était un terrain boueux entre deux bras de la Moselle. II se nommait le Grand-Saulcy, à cause des nombreux saules plantés pour maintenir les levées de terre le long des berges de la rivière. Après la construction du Théâtre, en 1752, il devint la place de la Comédie. En 1793, l'endroit prit le nom de place de l'Egalité. COQUOTTE (place)
Comme la place aux Fèvres, vous la chercherez vainement sur les plans actuels de la ville.
Pour la bonne raison qu'elle aussi a perdu son nom. Elle s'étend sur quelques mètres carrés au carrefour des rues de la Chèvre, des Parmentiers. du Grand-Cerf et Chaplerue. Son ancienne dénomination provient de Falcon ou Faucon. Par quel sortilège le fier Faucon se mua-t-il en vulgaire Coquotte ? Ce sont là choses difficiles à expliquer. Toujours est-il que, par corruption, Falcon devint Faccol ou Faucatte, Facotte et enfin Coquotte. La grant maxon Faccol était possédée par la famille du même nom, une des plus anciennes et des plus nobles de la cité. CORMONTAIGNE (Place)
Dans le quartier du Fort-Moselle.
Elle s'étend à l'extrémité donnant vers Devant-les-Ponts, des rues du Magasin-aux-Vivres et de Paris, de part et d'autre de cette dernière artère. Elle se trouvait derrière le rempart de la porte de France ou porte de Paris, et connut les appellations suivantes :
En 1793: place de la Révolution.
En 1816: place du Marché-aux-Bestiaux.
En 1846 : place du Fort.
En 1924: place Cormontaigne.
Le célèbre ingénieur Louis de Cormontaigne naquit à Strasbourg en 1695 et mourut à Metz en 1752. Entré comme simple soldat en 1713 dans le corps royal du génie, il gagna successivement tous les grades, jusqu'à celui de maréchal de camp. Brillant disciple de Vauban, il établit les projets et dirigea la construction des forts de la Double-Couronne et de Belle-Croix. COUR-AUX-POULES (Impasse)
Elle s'ouvrait dans l'actuelle rue du Haut-Poirier, un peu au-dessus de l'ancien couvent de la Visitation.
Elle disparut avec les bâtiments qui l'entouraient. Son nom lui vient d'une cour où un particulier élevait quelques volailles. COUR-AU-PUITS (Impasse)
Dans la rue du Champé. en venant de la rue Mazelle, à droite, s'ouvre l'impasse Cour-au-Puits.
II s'y trouvait anciennement un puits public. Deux anciens actes constatent son existence :
En 1337: maison sise au baix Champel, sur le tour de lai court au puix. (Sauer)
En 1347: il est dû un cens sur la maison en laicourt à puix, au Champel. (Sauer) COUR-DE-RANZIÈRES (rue)
De Fournirue à la rue des Bons-Enfants.
Plusieurs nobles hôtels avaient issue, disent les chroniques, en la ruelle devant la court de Ranzières. Ranzières écrit Chabert était le nom d'un particulier. Edouard Sauer précise, quant à lui. que les Ranzières étaient une famille noble et cite à l'appui deux actes. Le premier, de 1353, concerne un écrit par lequel Hugues de Ranzières emprunte, sans nommer son créancier, une somme de cent francs, et donne pour caution son frère Ferry, sieur de Chambley, Geoffray de Ranzières, son fils, et Errard de Watronville. Le second, du 13 mars 1548, nomme Perrin de Watronville, seigneur de Maiey (Mey), et de Ranzières, qui était capitaine prévôt de Longwy. Un acte de 1267 cite déjà la Cor de Ranseires. D'autres écrits, indiqués par Sauer, de 1349, 1363, 1372, 1375, 1471, 1494, 1569. 1589, 1605, 1673 et 1700 nomment également la Cour de Ranzières Au XVIII siècle, cette voie avait nom rue des Taillandiers. Ces ouvriers façonnaient des outils pour les charpentiers, les charrons et les laboureurs. DUPONT-DES-LOGES (rue)
Elle s'étend sur une grande longueur, de la rue de la Tête-d'Or à la place Sainte-Glossinde.
Elle perpétue le souvenir de Mgr Paul-Georges-Marie Dupont des Loges (1804-1886), évêque de Metz de 1843 jusqu'à sa mort. Sa mémoire reste profondément ancrée dans le coeur des Messins, par la noble attitude qu'il manifesta pendant l'annexion vis-à-vis de l'occupant. Il fut élu député protestataire. Déjà en 1896, le Conseil municipal adopta la proposition de M. Aubertin de donner à une partie de la rue de l'Evèché le nom de rue Dupont-des-Loges. Un arrêté municipal de 1919 donna enfin le nom du prélat à toute la rue de l'Evêché. La rue de l'Evêché tenait sa dénomination de la résidence épiscopale donnant sur la petite place Sainte-Glossinde, où aboutissait la rue de la Crête. Elle fut formée, par arrêté municipal du 30 août 1854, des anciennes rues suivantes :
La partie de la voie publique ouverte en 1852 entre la rue de la Tête-d'Or et la rue des Clairvaux, en prolongement de cette dernière. L'artère nouvellement percée allait de la rue de la Tête-d'Or à Chaplerue.
La rue des Clairvaux débutait à Chaplerue et se terminait à la hauteur de la rue du Lancieu. Elle tenait son nom du couvent du Petit-Clairvaux.
La rue des Précheresses s'ouvrait en continuation de la rue des Clairvaux et s'arrêtait à l'actuelle rue du Coëtlosquet. Son nom lui venait du couvent des Prêcheresses dont la fondation à cet endroit remontait à l'an 1278.
La rue de la Crête allait de la rue actuelle du Coëtlosquet à la place Sainte-Glossinde. ÉCOLES (rue des)
De la rue Taison à Jurue.
Le Collège d'Enseignement Général de jeunes filles occupe un vaste bâtiment dont une maison de la rue Taison, tout un côté de la rue des Ecoles, et une partie de Jurue. Après la suppression, à la Révolution, de l'église Sainte-Croix, l'abbé Claudin se rendit acquéreur, en 1809, des vieux bâtiments et les légua à la ville sous réserve qu'elle installerait à cet emplacement une école à l'usage des frères des Ecoles chrétiennes. Le décret impérial du 10 août 1812 approuva cette donation. Le nouveau bâtiment terminé, les frères y ouvrirent deux classes. Ils y enseignèrent jusqu'en 1874, date de leur expulsion par les autorités allemandes de la Moselle. En 1840, le baron Dufour, maire de Metz, fit apposer au-dessus de la porte l'inscription suivante : A la mémoire de Monsieur l'Abbé Claudin Qui légua cette maison à la Ville Pour être consacrée à l'instruction de l'enfance. Hommage de reconnaissance au nom de la cité et du conseil municipal. Le Maire de la ville de Metz. Baron Dufour. Détruite en 1905 lors des travaux d'agrandissement de l'Ecole Primaire Supérieure de filles, cette inscription fut rétablie en 1906 et placée au-dessus de la nouvelle porte, rue Taison où ses caractères, dédorés par les injures du temps, se lisent encore. Depuis plusieurs siècles, des écoles existaient dans cette rue. ENFER (rue d')
De la rue de l'Abbé-Risse à Jurue.
La rue d'Enfer est aujourd'hui une rue bien tranquille. « II n'en était pas de même au XVIè siècle : truands, ribaudes, ménestrels, gens sans aveu, ni foi ni loi, menaient vacarme dans cette rue étroite, et des grilles qu'on fermait tous les soirs, à la brune, les empêchaient de courir la ville et d'inquiéter les bourgeois. Le moyen âge n'avait pas trop d'admiration pour les baladins ; il les reléguait dans les bas-quartiers avec les juifs et autres parias (Georges Ducrocq : Le Séjour de Rabelais à Metz). Les personnes de basse condition étaient contraintes de loger dans cette rue pendant la huitaine franche de leur retour. (Chabert). Selon certains historiens, cette population effrontée, remuante et cynique aurait donné à ce lieu le nom de rue d'Enfer. Mais l'origine de cette appellation est toute différente et remonte à des temps bien plus reculés. Elle ne vient pas non plus, comme on le pourrait croire, d'une légende où Lucifer jouerait quelque rôle maléfique. C'est tout simplement la via inferior romaine. ainsi nommée pour sa situation inférieure par rapport au quartier élevé de Sainte-Croix. On retrouve cette appellation dans plusieurs villes de France. ÉPAISSE-MURAILLE (rue de l')
De la rue Mabille à celle du Champé et à la place de la Grève.
La muraille dont il s'agit avait une épaisseur de quatre mètres. Elle faisait partie de l'enceinte élevée au XIII° siècle lorsque la cité engloba le quartier d'Outre-Seille. Elle partait anciennement du pont de la Grève, longeait la rue qui nous occupe et aboutissait à la porte des Allemands. ESTRÉES (rue d')
De la place de la Cathédrale à celle de Chambre.
C'était d'abord une voie étroite appelée rampe de la Cathédrale. Dans La Croix de Lorraine, Edouard Sauer nous donne de nombreux renseignements concernant la rue Neuve, ancien nom, selon lui, de la rue d'Estrées. La rue Neuve écrit-il existait certainement avant l'année 1500 mais depuis cette date, elle prit alternativement les noms de Rue Neuve, de Neuve rue et de Neuve rue I'Evêque. Parfois, on l'appela même tout simplement rue l'Evêque. Cette ruelle servait de communication entre la place d'Armes, fort restreinte à l'époque, et les degrés de Chambre. D'après les Annales de Metz poursuit-il la rue Neuve se trouvait, en 1739-1755, au bas de la nef de la cathédrale, sur un terrain où avait été la Chapelle Saint-Gal, et sur une petite portion d'un autre terrain situé au bas du palais épiscopal. L'ancien archiviste nous donne la liste de quelques écrits citant la : rue Neuve, la rue Neuve l'Evëque et la rue l'Evêque En 1609 et en 1675: rue Neuve Le 7 juin 1675: Neuve rue En 1609: Neuve rue l'Evêque En 1650 et en 1675: rue l'Evêque Après ces divers noms, cette artère prit la dénomination de rue Montmorency, du nom de l'évêque de Metz (1760 à 1791). Elle redevint ensuite rue de la Rampe. L'arrêté municipal du 15 septembre 1815 lui donna le nom de rue d'Estrées. Louis-César Le Tellier, maréchal duc d'Estrées, nommé en 1761 gouverneur de Metz et des Trois-Evéchés, conçut le plan d'une nouvelle rue reliant la place de la Cathédrale à celle de Chambre. Le duc mourut en fonctions, le 2 janvier 1771, et la voie ne fut terminée qu'après son décès. FABERT (rue)
De la place d'Armes à la rue des Clercs.
Anciennement. il existait là deux rues : celle de la Tappe ou des Grandes Tappes et celle des Vieilles Tappes ou des Petites Tappes. L'une allait de la place d'Armes à la place Saint-Jacques, et l'autre, de la place Saint-Jacques à la rue des Clercs. Chaque année, le jour de la Saint-Martin, les jaugeurs jurés de la cité, encore appelés jaugeurs tappiers ou tout bonnement tappenards, se rendaient à l'angle de l'actuelle rue Paul-Bezanson. Et là, ils publiaient le prix de la hotte de vin, fixé par le maître échevin et son conseil. Cette coutume s'appelait la Tappe du vin. Une déclaration du 15 mars 1806, dit Chabert la supprima. Mais Jean-Julien Barbé écrit (dictionnaire des Rues de Metz) que le marché aux vins, nommé communément la Tappe, fut transféré sur la place de la Comédie où il exista jusqu'en 1828. A propos de la petite Estappe, Ernest de Bouteiller, dans ses notes sur la Chronique de Buffet, donne les indications suivantes : « Cette forme ancienne de langage fournit l'explication des formes modernes : les Petites Tapes et les Grandes Tapes, dont la première s'applique aujourd'hui à la localité nommée dans notre chronique la petite Estappe. Les deux Tapes, comme on dit aussi, sont deux métairies qui se touchent, situées à 4 ou 5 kilomètres seulement au nord de Metz, dans la vallée de la Moselle. Dans le vieux français, estappe désigne un lieu d'entrepôt ou de marché. Les fermes des Petites Tapes et des Grandes Tapes se trouvent sur l'actuel territoire de la commune de Woippy. Dans le Dictionnaire d'ancien Français, de Grandsaignes d'Hauterive, nous relevons, sous Estaple : n.f. (X111°-XIV°) 1) Entrepôt de vivres, de marchandises 2) Lieu où les marchands vendent 3) Etape ». Une enseigne, appendue à la maison actuelle numéro 4, vers la fin du XVIIIè siècle, valut pendant quelque temps à la rue le nom de rue de la Croix de Fer. En 1793, la rue de la Croix de Fer fut appelée rue de la République. L'arrêté municipal du 13 novembre 1846 donna à cette artère le nom d'Abraham Fabert, maréchal de France. Abraham Fabert, né à Metz le 11 octobre 1599, fut le premier roturier qui accéda à la dignité de maréchal de France. Ses vertus et ses talents égalaient sa modestie et son désintéressement. FAISAN (rue du)
De la place de Chambre aux rues Pierre-Hardie et Sainte-Marie.
L'hôtellerie Au Faisan jouissait d'un excellent renom avant la Révolution. Elle occupait la maison sise au numéro 2. Selon Jean-Julien Barbé, elle donna son nom à la rue. Chabert cite aussi cette hôtellerie, mais affirme que la rue doit son appellation à une faisanderie réputée, installée à côté. Sur un plan de 1737, la rue figure sous le nom de rue du Poids de la Laine. FAVADE (impasse de la)
A l'extrémité de la rue des Allemands, vers la rue du Champé.
D'où vient le mot tavade ? Nous supposons sans l'affirmer qu'il signifie forge. Au XIIè siècle, forger se disait favargier, favorgier ou favrechier. Favrerie voulait dire forge. Les fèvres ou febvres étaient les ouvriers travaillant les métaux. Nous avions à Metz la ruelle aux Fèvres (actuelle Bonne-Ruelle) et la place aux Fèvres. Au XVIIè siècle, le nom de la rue s'orthographiait : Febvade. FÉLIX-MARÉCHAL (quai)
De la rue du Pont-de-la-Préfecture au pont Saint-Georges.
Il porta anciennement les noms de quai de la Moselle et de quai des Moulins. Il prit l'appellation de quai Saint-Pierre, après 1561, lorsque les religieuses du monastère de Saint-Pierre, évincées de leur couvent pour la construction de la Citadelle, se fixèrent dans les bâtiments de la comman- derie de Saint-Antoine. En 1871. il reçut le nom de quai Félix-Maréchal. Cet homme de bien, docteur en médecine et maire de Metz depuis 1854, mourut le 24 mars 1871 dans la maison numéro 23. Sur l'emplacement des casernes du quai Saint-Pierre, bâties en 1691-1692, vers le pont Saint-Georges, a été formée la promenade de Saint-Pierre ou Esplanade des Juifs. A cet endroit se tenait, avant la dernière guerre, le marché aux puces et à la ferraille. Ce qui valut parfois à ce lieu le nom de quai de la Ferraille FÈVRES (place aux)
Vous chercherez en vain la place aux Fèvres sur les plans actuels de Metz.
Cependant, elle existe toujours, mais elle n'a plus de nom. A l'ère des buildings, cette insignifiante placette ne mérite plus l'honneur d'une dénomination. Pourtant, vous la connaissez tous, rue Serpenoise, à l'entrée de la Bonne-Ruelle (qui, elle-même. s'appelait jadis Bonne-Ruelle des Febvres ou ruelle des Serruriers). Les fèvres n'étaient autres que les ouvriers façonnant le ter. Leur corporation était l'une des dix soumises à la juridiction du Grand Maître des Métiers. charge déjà ancienne en 1335, et dont la création remonte au plus haut Moyen Age. Plusieurs membres de la corporation habitèrent cette place. En 1788, Philippe Guisse fils, serrurier, y possédait encore sa forge. FLEURETTE (rue)
De la rue du Pontiffroy à la rue de la Caserne. Actuellement disparue.
Ruelle autrefois appelée sans chie' (impasse). La partie vers la rue de la Caserne fut percée en 1887. Chabert, fort embarrassé pour donner l'étymologie de cette artère, s'en tire par une double question : à ce nom doit-il être attribué à un souvenir champêtre, ou bien à certains divertissements qu'on avait coutume de venir prendre dans des cabinets ou popines établis exprès en ce lieu ? ». Cette voie, suivant deux actes cités par Sauer, portait jadis le nom de ruelle Flore : La mairdy devant la Magdelaine 1330, Stevenin Dars (Ars-sur-Moselle), lou bergier que maint en Franconrue (aujourd'hui rue du Pontiffroy), a acensé moyennant six sous, à Goudeffrin du Maureix de ladite rue, la grange et lez ressaiges qui appendent que ciet en Franconrue en la ruelle Flore. Par un autre acte daté du samedi devant la fête Saint-Vy, en 1356, Martinotte, femme de Thiébalt Abriont, a acensé également pour le même prix de six sous, à Vatrin Hennequat de Franconrue, la même grange et tout ce qui en dépend que ciet en Franconrue à la ruelle Flore. Flore était probablement le nom d'un particulier, peut-être le premier propriétaire de la grange et de ses dépendances ? Quand et pourquoi Flore s'est-il transformé en Fleurette ? Nous l'ignorons. FOINS (ruelle aux)
Dans l'ancien quartier Saint-Ferroy. Actuellement disparue.
Entre les maisons numérotées 17 et 19 de l'ancienne rue Saint-Ferroy s'ouvrait une ruelle très étroite. Elle conduisait à la rue du Coffe-Millet et avait nom ruelle aux Foins. Elle ne désigne pas, comme on le pourrait croire, la présence d'un ancien grenier ou d'un dépôt de foin, mais doit son nom, affirme Edouard Sauer, à la famille messine Du Foin, qui possédait une maison dans cette ruelle. L'ancien archiviste base cette assertion sur trois actes : Le premier est une vente en date de l'année 1524, d'un immeuble sis à Vaux, par Jehan Howignon, dit Du Foin, chanoine de la collégiale de Saint-Thiébault. Le deuxième, de l'année 1648, fait connaître qu'une « Demoiselle Charlotte Du Foin, et son mari Mathieu Hugnet, sergent des Treize de la ville, donnèrent au couvent des Trinitaires les biens qu'ils possédaient au Ban Saint-Pierre. Le troisième, enfin, est un acte capitulaire de l'église collégiale de Saint-Sauveur, en date de 1721, qui indique une maison sise rue Du-Foing. FONTAINE (rue de la)
De la place du Quarteau à celle de Saint-Nicolas.
La rue doit son nom à la fontaine Saint-Nicolas, considérée comme la plus ancienne connue dans notre ville. Le monument existe toujours et abrite une statue de Notre-Dame des Prisonniers. Déjà mentionnée au XIVè siècle, elle fut reconstruite en 1739 et restaurée en 1859. En 1245 et en 1298, la rue était dite S. Nicolairue. FOUR-DU-CLOÎTRE (rue)
De la rue du Chanoine-Collin à la rue Taison.
Suivant les apparences, cette rue a été ainsi nommée parce qu'anciennement, lorsque les chanoines vivaient en commun, les fours du Chapitre y étaient établis, disait un manuscrit de Battus. Chabert écrit d'autre part qu' une portion du cloître des chanoines de la cathédrale, avant d'être démolie, servait déjà de passage public. On nommait ce passage le Four du Cloître, apparemment à cause de la bassesse de sa voûte. Le cloître à quatre grands corridors voûtés en pierres de taille, éclairés de grands jours dans un goût élégant, occupait une partie de l'actuelle place d'Armes. Fondé par Chrodegand, asile destiné à l'étude et à la prière, le cloître devint plus tard un passage public entre la rue Four-du-Cloître et la place d'Armes. La partie de la rue passant derrière l'ancien corps de garde de la place d'Armes tut ouverte en 1756. FOURNIRUE (en)
De la place d'Armes à celle des Paraiges.
Ceux à qui ces objets ne plaisent pas,
N'ont qu'à aller en Fournirue,
Ils y trouveront hauberts, gorgières,
Haulmes lacés et lances aiguës,
Epées bonnes et émoulues,
Etriers, selles, poitrails, culières,
La rue est toute pleine d'armes.
Ce poème du XIVè siècle nous apprend que Fournirue était une des rues les mieux achalandées, les mieux fournies en objets destinés à l'usage guerrier. Barbé pense pour cette raison que le mot Fournirue vient du verbe fournir. Nous pouvons lui opposer la thèse de Chabert qui voit dans ce mot la rue des Fourneaux, car la fabrication des armes et l'orfèvrerie qui s'y faisaient en nécessitaient un grand nombre. Nous pencherions volontiers pour cette dernière explication, car les anciennes chroniques parlent de Fornelrue et de Forneirue. Considérons que l'ancien verbe fornïer ou fornoïer (Etymologie : turniare, de furnus, tour) signifiait entre le XIIè et le XVIè siècle : enfourner. (Grandsaignes d'Hauterive : Dictionnaire d'ancien français). Edouard Sauer n'est pas de cet avis. II affirme que Fournirue est l'ancienne rue des Fourbisseurs. II base son assertion sur un acte de 129 dans lequel on lit : Benoiton, lou furbour que ciet en Furnairue. Un furbour était un ouvrier qui fourbissait les armes blanches. Sauer cite par ailleurs seize noms de la rue, écrits différemment, s'échelonnant de 1235 à 1779. Les voici par ordre alphabétique : Feirnerue, Forneirue, Fornelrue, Fornerue, Fornirue, Fourneirue, Fournerue, Fournirue, Fournyrue, Freneirue, Freneiruwe, Freuneurue, Freney-Ruwe, Freineyruwe, Furnairue, Furneirue. FRANCE (place de)
Dans le quartier du Fort-Moselle. Elle s'étend du quai Richepance aux rues Georges-Aimé et du Docteur de Westphalen.
Elle doit son nom à l'ancienne porte de France ou porte de Paris, qui s'ouvrait à l'extrémité de la rue de Paris. Elle porte cette appellation depuis l'arrêté municipal du er juillet 1816. Sur un plan de 1777, elle est dite place Saint-Simon. GARDE (rue de la)
Du Moyen-Pont au boulevard Président-Poincaré et à la rue Poncelet.
Garde écrit Chabert vient du vieux langage Warde ; le nom de rue de la Garde a été donné en souvenir du guet du Wardain près de la porte en Anglemur, c'est-à-dire du commissaire qui était chargé spécialement de la surveillance et de la police sur tout ce qui était transporté par eau et qui devait passer devant la mallegoule de Waudrinowe (digue de Wadrineau) pour être amené à la boire du moïen pont des morts. La rue de la Garde comprenait avant 1868 la partie actuelle de la rue Poncelet depuis la rue aux Ours jusqu'à l'actuel boulevard Poincaré. Elle portait primitivement le nom de ruelle dessous la Montagne Saint-Hilaire. L'église paroissiale de Saint-Hilaire-le-Petit s'élevait derrière la maison de la Haute-Pierre, remplacée par l'actuel Palais de Justice. Les anciennes murailles de la cité y formaient un angle appelé Anglemur. La porte d'Anglemur s'ouvrait au pied du monticule Saint-Hilaire. Transformée plus tard en fausse porte ou poterne, elle fut démolie en 1552, lors de la reconstruction du mur de la ville sur la Moselle. La rue actuelle date de 1754. Elevée sur ordre du duc de Belle-Isle, elle procurait un débouché aux voitures venant du Moyen-Pont. En 1740, sur ordre du roi, un gros mur de ville avec rempart avait été élevé depuis le pont des Morts jusqu'au jardin Boufflers. GAUDRÉE (rue)
De la rue Mazelle à la rue Vigne-Saint-Avold.
Primitivement, elle s'appelait Cour-au-Puits ou rue du Puits-Béni, parce qu'il y existait un puits public. « Ce puits que le peuple nomme puits béni, parce qu'on y avait jeté le curé de la paroisse (de Saint-Etienne), dit un document de 1751, a été fermé depuis ; on y a placé une pompe. Le bureau des finances voulant le faire combler, les habitants demandent au maître échevin à le garder. A ce propos, on rappelle une ordonnance du 8 mai 1722 qui enjoint de couvrir les puits publics d'un volet fermant à clef, aux frais des particuliers qui s'en servent. Cette ordonnance est renouvelée à la date du 21 janvier 1750 (affiche !) qui demande un volet de bois de chêne dont chaque particulier aura une clef pour son usage personnel ; en cas de refus, les puits seraient fermés à clef aux frais de la ville, pour n'être ouverts que dans le cas d'incendie ou autre nécessité publique ». (R.S. Boer, Annuaire de la S.H.A.L. 1932) Gaudrée était très probablement le nom d'une famille qui demeurait en ce lieu. GENDARMERIE (rue de la)
De la rue Saint-Henry à l'avenue Maréchal-Foch.
Cette voie, autrefois un cul-de-sac, a été formée par deux petites rues précédemment appelées rue des Célestins et rue des Madeleines, du nom de deux couvents qui s'y trouvaient. L'arrêté municipal du 1°' juillet 1816 réunit ces deux artères sous la seule dénomination de rue de la Gendarmerie. Dans cette rue se trouvait entre autres le couvent des chanoinesses de Sainte-Marie de la Madeleine. La Révolution amena sa suppression et, en 1805, il devint caserne de gendarmerie. L'église servit d'écurie et de magasin à fourrages. GISORS (rue)
De la rue des Allemands à celle de l'Epaisse-Muraille.
Elle fut ouverte en 1739 par la démolition de plusieurs immeubles, parmi lesquels la grande maison dite Au Lièvre. Sur un plan de 1737, elle figure sous l'appellation de Nouvelle rue Guérard, sans doute du nom d'un particulier. Elle perpétue le souvenir de Louis-Marie Foucquet, comte de Gisors. fils unique du Maréchal duc de Belle-Isle. Le comte succomba après la bataille de Crefeld, des suites de ses blessures, le 26 juin 1758. Il avait vingt-six ans. GLACIÈRE (rue de la)
De la place Jeanne d'Arc à la rue des Murs.
La rue de la Glacière, partie de l'ancienne rue des Cloutiers, doit sa dénomination actuelle à l'arrêté municipal du 9 mars 1821. Elle conserve le souvenir de l'ancienne glacière où, chaque hiver, l'administration des hospices de Metz entreposait la provision de glace nécessaire aux hôpitaux et aux malades pauvres. C'était dans la maison numéro 5. En hiver, lorsque la surface des rivières gelait, des ouvriers y découpaient de larges plaques de glace. On chargeait cette glace sur des voitures et on la transportait à la glacière. Là, elle était empilée dans des caves profondes et spacieuses. Ce procédé primitif permettait de conserver de la glace pendant toute une année, parfois même davantage. De la rue de la Glacière, un escalier couvert descend à la rue des Capucins. GLATIGNY (rue)
De la rue des Jardins au quai Félix-Maréchal.
Au XIIIè siècle, elle s'appelait Glatigneirue. Elle continuait au-delà de l'actuelle rue des Jardins (alors inexistante) pour aboutir à celle du Bordé ou des Bordeaux, laquelle communiquait avec la rue Chèvremont. La partie haute se trouva amputée en 1754, lors du percement de la rue des Jardins. La rue s'appela d'abord rue Galande ou Galante, parce que, dit Chabert, l'on y « tenait plaisir ». Paul Ferry nous apprend que la rue changea de dénomination de par la volonté de certains plaisants après la venue d'une grandelette et très belle fille, mais folle de corps, native de Glutegney (Glatigny), laquelle était désignée par ce surnom, et dont les facéties fort gaillardes bravèrent toute honnêteté. GOBELCOURT (impasse)
En descendant Fournirue, à droite, s'ouvrait l'impasse Gobelcourt.
Selon Chabert, le mot serait issu de l'ancien nom patois lé Gobécoco ou la Cour Belle-Cour. D'après Sauer, un particulier nommé Gobert aurait donné son nom à l'impasse. Un acte de 1221 mentionne l'existence d'une maison rue Gobercourt. GOUSSAUD (rue)
De la rue Saint-Georges à la place Saint-Vincent.
Le 7 août 1806. le conseil municipal décida le percement de la rue et en même temps l'abandon à des particuliers du terrain libre entre l'église Saint-Vincent et la rue projetée. Le 5 mai 1808, tous les bénéficiaires de terrains. selon leur engagement, avaient bâti, sauf un. La ville lui retira sa parcelle et l'attribua aussitôt à un autre candidat. La rue achevée, on lui donna le nom de rue Nouvelle ou rue Neuve, ou bien encore de rue Saint-Napoléon. Cette dernière appellation prévalut jusqu'à la chute de l'Empire. Un plan de Gardeur-Lebrun, daté du 7 mai 1791 et conservé aux archives municipales, prévoyait déjà le percement d'une rue à travers les jardins et enclos de l'abbaye de Saint-Vincent. Le 12 juillet 1814, le baron Marchant, maire de Metz, publiait l'arrêté suivant : Considérant que Monsieur Jean-François Goussaud d'Antilly, chevalier de la Légion d'honneur, ancien capitaine de dragons, est né à Metz le 15 décembre 1753, qu'il est mort le 23 août 1807, après avoir exercé les fonctions de maire pendant cinq ans ; Que ce magistrat a commencé les restaurations qu'un long abandon de la chose publique avait rendues nécessaires, et que c'est essentiellement à son amour pour les lettres que la ville de Metz doit le magnifique établissement du Lycée ; Arrête : La rue neuve pratiquée en 1806, entre la partie conservée de la rue Saint- Georges et la place Saint-Vincent, en remplacement de la portion de la rue Saint-Georges réunie à la grande cour du Lycée, portera désormais le nom de RUE GOUSSAUD. GRAND-CERF (rue du)
De Chaplerue aux places du Quarteau et Saint-Louis.
Sa dénomination lui vient de l'hôtellerie du Grand-Cerf, sise à l'emplacement de l'actuelle maison numéro 15. Au début du XIXè siècle, l'établissement existait encore sous l'enseigne d'Hôtel de France, tenu en 1800 par un sieur Levasseur. Cette année-là, l'hôte annonçait la vente d'un excellent vin de pays à 45 centimes la bouteille. L'hôtel de France disparut vers 1824. GRAND-WAD (rue du)
De la rue Mazelle au boulevard André-Maginot.
Il existe deux hypothèses concernant l'origine du nom Wad. La première voudrait qu'il vienne de l'ancien mot Warde qui signifiait garde. Warde serait issu de l'allemand Wacht : garde, sentinelle. Dans les vieux titres, la rue de la Garde est dite rue du Warde. La proximité de l'ancien rempart des Allemands pourrait corroborer cette hypothèse. Mais Wad peut dériver aussi du latin vadum, qui veut dire gué, gué sur la Seille proche. Sauer a constaté l'existence de quatre autres Wades dans divers quartiers de la ville. On peut se demander pourquoi trois gués si rapprochés (avec le Wad-Billy et le Wad-Bouton) alors qu'il y avait tout près, dès le XIII siècle, la porte des Allemands avec un pont sur la Seille. Un acte de 1386 cite la rue du Grand-Waide. Cette rue est également nommée dans un ban de tréfonds du XIIIè siècle. GRANDE-ARMÉE (rue de la)
De la place Saint-Simplice et de la rue Haute-Seille aux rues Mazelle et de la Hache.
Elle tut ouverte en 1808 sur le terrain appartenant aux religieux de Saint-Antoine et prit de ce fait le nom de rue des Antonistes ou de rue Neuve-Saint-Simplice. Inaugurée par un défilé des vainqueurs de Friedland et d'léna, elle troqua ces appellations contre celle de rue de la Grande-Armée. Sur un plan du 24 août 1807, elle figure sous le nom de rue de Berlin, probablement pour rappeler l'entrée des Français en 1806 dans la capitale de la Prusse. A la Restauration, elle retrouva sa première dénomination qu'elle conserva jusqu'en 1830 où elle reprit celle de rue de la Grande-Armée. C'est la seule artère messine qui garde actuellement le souvenir de l'épopée du Empire. GRÈVE (rue de la)
La place de la Grève figure encore sur les plans actuels de la ville, mais, sur les lieux, aucune plaque ne la mentionne plus.
Le mot grève vient du bas latin grava, plage de sable ou de gravier. La Seille amenait là, lors des inondations, du sable mêlé de petits cailloux. Elle était anciennement plus vaste que de nos jours. Située sur la rive droite de la Seille, elle s'étendait depuis le pont de la Grève et l'Epaisse-Muraille, jusqu'au moulin de la Basse-Seille, c'est-à-dire jusqu'à l'emplacement approximatif du boulevard André-Maginot actuel. Située en dehors. HACHE (rue de la)
De la rue de la Grande-Armée à la rue des Allemands.
Primitivement, ce n'était qu'une petite ruelle devant l'hôtel de Conrard de Serrières. C'était peut-être la rowelle de Repigney, citée en 1281 et en 1298, Repigney étant le nom d'une famille qui demeurait en ce lieu. Chabert donnait de la rue l'étymologie fantaisiste que voici : « Elle a été appelée rue de la Hache à cause de la forme qu'elle présentait autrefois avec l'instrument de ce genre ». Les nécrologes, ajoutait-il, constatent à Metz, dès la seconde moitié du XIIIè siècle, l'existence d'une famille nommée Haiche ou Hache. Ce qui fit dire aussi que la rue tenait son nom de cette famille. Cette hypothèse écrit Jean-Julien Barbé est très problématique. La famille Haiche appartenait au Paraige du Commun. Un de ses membres, Gilles Haiche, fut maître échevin en 1295 et mourut en 1300. Il fut inhumé dans l'église des Frères-Prêcheurs ou Dominicains. Henri Haiche devint le 25' abbé de Saint-Symphorien, de 1419 à 1425. Un acte du 8 février 1380 cite un nommé Anel Hache. HAUT-DE-SAINTE-CROIX (rue du)
De la place Sainte-Croix à la rue des Trinitaires.
Elle fut ainsi nommée à cause de sa proximité avec la place Sainte-Croix et de sa situation dans la partie la plus haute de la vieille ville. Par arrêté municipal de juin 1914, la rue du Haut-de-Sainte-Croix avait été réunie à la place Sainte-Croix. Depuis, elle a recouvré sa propre dénomination. HAUT-POIRIER (rue du)
De la rue du Chanoine-Collin à la rue des Trinitaires.
Jusqu'à la construction de la cité administrative, la rue portait le nom de rue de la Bibliothèque. Un manuscrit de la bibliothèque municipale renferme les lignes suivantes : Au pied de la maison des Carmes Déchaussés, du côté de Chèvremont, était un poirier très élevé qui faisait donner le nom de rue du Haut-Poirier à cette portion de la rue. (Manuscrit n° 160). Cet arbre existait encore au commencement du XVIIIè siècle et fournissait, parait-il des fruits succulents. Le nom de rue du Haut-Poirier était attribué, jusqu'après la Grande Guerre, à la rue voisine du Chanoine-Collin. HAUTE-PIERRE (rue)
Des rues aux Ours et Poncelet à l'Esplanade.
Comme la rue Pierre-Hardie, elle tient probablement son nom dune pierre de criée appelée la Haute-Pierre, adossée à la grande maison qui prit le même nom. Cette maison se trouvait à l'emplacement de l'actuel Palais de Justice. Nous citons par ailleurs, dans la notice sur la rue Pierre-Hardie, un passage de la chronique rimée qui donne une étymologie fantaisiste du nom de la rue. HAUTE-SEILLE (rue)
De la place des Paraiges à la place Mazelle.
En 1905-1906, l'administration allemande combla, sur tout son parcours, le canal de la Seille. L'arrêté municipal du 25 octobre 1906 donna le nom de rue Haute-Seille à la partie de l'ancien canal se situant entre la place Mazelle et la rue du Pont-Sailly. HAYE (rue de la)
De la rue du Pont-Saint-Marcel à la rue du Pont-des-Morts.
En 1770, Dom Sébastien Dieudonné écrivait :
Elle est ainsi nommée de ce qu'elle n'était anciennement qu'un passage bordé d'un côté par des maisons, et de l'autre par des jardins. JARDINS (rue des)
De la place d'Armes à la rue du Pont-Saint-Georges.
Elle fut percée en 1754 à travers les jardins, derrière les maisons du quai Saint-Pierre d'une part, et, d'autre part, derrière celles des rues du Haut-Poirier (actuellement rue du Chanoine-Collin) et Chèvremont. JEANNE D'ARC (place)
Entre les rues des Capucins, de la Glacière et des Trinitaires.
Anciennement, quatre particuliers bâtirent leur maison sur cette place. Tout le lieu qui entourait ces quatre immeubles fut alors nommé rue des Quatre-Maisons. Le dégagement de l'entrée de l'église Sainte-Ségolène nécessita la démolition de ces quatre constructions, et leur emplacement prit en 1905 le nom de place des Quatre-Maisons, appellation qu'il abandonna pour celle de place Jeanne d'Arc après la Grande Guerre et le retour de Metz à la France. JURUE (en)
De la place Sainte-Croix au bas de Fournirue.
Et disait-on en Jupiter rue,
Depuis on ne dit que Jurue,
Pour Jupiter qui en ce lieu
Estait adoré comme Dieu.
D'après ce quatrain tiré d'une chronique rimée de la noble cité de Metz, il semble que le mot Jurue soit une contraction de Jupiter-rue. Cette voie conduisait en effet au temple gallo-romain de Jupiter qui, selon la tradition, dressait ses magnifiques colonnades à l'emplacement actuel de la place Sainte-Croix. Le musée de Metz conserve une main de bronze doré, grandeur naturelle, trouvée en Jurue en 1843. Cette main semble provenir de la statue d'une divinité antique, et il est permis de supposer qu'elle ornait le fameux temple de Jupiter.
Le nom de Juifrue donné à cette artère en 1793 vient de ce que, à plusieurs époques de l'histoire, des juifs demeurèrent dans le bas de la rue. D'autre part, la chapelle Saint-Genest était connue jadis sous le nom de Synagogue ; appellation erronée, car c'est la rue d'Enfer qui conserve les vestiges de la première synagogue messine. Des actes de transmissions d'immeubles, passés entre les XIIIè et XVIIIè siècles, renferment les variantes suivantes :
Jeurue, Jurue, Haut-de-Jurue, Basse-Jurue et Petite-Jurue. Juifrue, nous dit Edouard Sauer, figure sur un document de 1578 et, dans des actes de 1240 et de 1398, on lit respectivement Yurue et Jehrue. Au début du XVIIIè siècle, le tronçon compris entre la place Sainte-Croix et la rue des Ecoles portait le nom de rue Derrière Sainte-Croix. Rappelons que l'église Sainte-Croix s'élevait dans la rue Taison, l'angle formé avec la rue des Ecoles. Jurue donna son nom à un des Paraiges qui se formèrent à Metz au début du XIIè siècle. LADOUCETTE (rue de)
De Fournirue à la rue Serpenoise.
Elle fut formée, le 26 février 1870, par la réunion de deux anciennes artères : la rue du Plat-d'Etain (de Fournirue à la place Saint-Jacques) et la rue de la Fontaine Saint-Jacques (de la place Saint-Jacques à la rue Serpenoise). Le vocable rue du Plat d'Etain tut vraisemblablement emprunté à renseigne Au Plat d'Etain qui concourait à la juste renommée de la maison Daras, fondée en 1725. Plusieurs potiers d'étain oeuvraient dans la rue. La rue de la Fontaine Saint-Jacques devait son appellation à la fontaine adossée à la maison actuelle numéro 23. La fontaine Saint-Jacques s'élevait primitivement sur la place Saint-Jacques. Le monument, déjà existant en 1498, fut démoli en 1730, puis réédifié vers 1759. Il représentait alors un beau portail d'ordre dorique et une grande statue de l'apôtre Saint-Jacques, détruite pendant la Révolution.
L'établissement d'un marché sur la place nécessita la dépose de la fontaine et son remontage contre la maison numéro 23 de l'actuelle rue de Ladoucette. Cet immeuble fut démoli en 1903 et reconstruit. La fontaine, déposée à nouveau, existe toujours. Elle se trouve dans la cour de la maison sise aux numéros 37 et 39 de la rue du Pont-des-Morts. La rue de Ladoucette perpétue la mémoire du baron Charles de Ladoucette, sénateur. représentant à l'Assemblée législative, mort à Paris le 11 décembre 1869, à l'âge de soixante ans. Charles de Ladoucette mérita la reconnaissance de la ville. II légua plusieurs immeubles dont le revenu devait servir à la distribution annuelle, par l'Académie de Metz. de prix d'encouragement à la vertu. Deux de ces immeubles portent les numéros 20 et 22 de la rue. LANCIEU (rue du)
De la rue Serpenoise à la rue Dupont-des-Loges.
Ce nom ne viendrait-il pas de lincieulx (draps de lit) ? interroge Chabert. Durant l'annexion, le traducteur allemand ne s'embarrassa aucunement du point d'interrogation et donna sans hésitation à la rue le nom de Tuchstrasse (rue du Drap). Edouard Sauer propose, pour cette ancienne ruelle, l'étymologie suivante :
Elle appartenait probablement, avant 1420, à la famille Moierier dite Lansuelx, qui demeurait en Chappellerue. On doit admettre dit Sauer que dans les nombreux combats livrés sur notre sol à l'époque dont nous parlons, le sieur Moierier, armé d'une lance, s'étant fait remarquer par son courage, fut surnommé le Lancier. Mais, selon le langage messin, pour distinguer le sieur Moierier des autres membres de sa famille, on le désigna par ces mots: Ço Moierier le Lansuelx, c'est-à-dire : c'est Moierier le Lancier ». Les scribes se laissèrent aller à la plus libre fantaisie en écrivant ce surnom de Lansuelx. Entre 1420 et 1779, ils l'orthographièrent ainsi : Lansuelx, Lanseulx, Lanssair, Lusuel, Lanseult, Lansieult, Lancieuls, Lansieulx, Lanserix, Lancieu, et Lansieux. LASALLE (rue)
De la place Saint-Martin à celle de Saint-Nicolas.
Il existait là, anciennement, une étroite ruelle appelée rue Saint-Symphorien, où se trouvait l'abbaye bénédictine de ce nom. De 1811 à 1813, d'importants travaux transformèrent la ruelle Saint-Symphorien en une belle et large voie. L'arrêté municipal du 29 avril 1813, sous l'administration du baron Marchant, maire de Metz, donna à la nouvelle artère le nom de rue Lasalle. Antoine-Charles-Louis de Lasalle, né le 10 mai 1775 dans l'hôtel de Gournay. rue du Grand-Cerf, devint un des plus brillants généraux de l'Empire. II mourut à Wagram, le 6 juillet 1809, alors qu'il commandait une charge. LIÈVRE (place au)
A l'endroit où les rues Gisors et Saint-Eucaire débouchent dans la rue des Allemands, il existe une petite place qui porte le nom de place au Lièvre. Elle figurait déjà sur un plan de 1784. Elle tire son nom d'une grande maison, probablement une ancienne hôtellerie, dite la Maison au Lièvre, située derrière le choeur de l'églisedes pères Minimes. Un entrepreneur en bâtiments l'acquit, le 6 avril 1737, pour la démolir dans le courant de la même année. MABILLE (rue)
De la rue de l'Epaisse-Muraille à celle de Saint-Eucaire.
Elle rappelle vraisemblablement le nom d'un particulier. Un acte de 1269 mentionne en effet l'existence à Metz d'une famille Mabille. En 1893, la démolition de deux immeubles, du côté de Saint-Eucaire, permit un important élargissement de la rue. MAGASIN-AUX-VIVRES (rue du)
Dans le quartier du Fort-Moselle. Elle va du quai Richepance à la place Cormontaigne.
Sa dénomination actuelle date du 13 novembre 1846. Elle la tient d'un vaste bâtiment construit en 1782, servant de dépôt devivres aux troupes de la garnison, et qui occupait tout un côté de la rue. MARCHANT (rue)
De la place des Maréchaux au boulevard Paixhans.
La rue Marchant doit son nom actuel à l'arrêté municipal du 9 février 1835, et consacre la mémoire du baron Nicolas-Damas Marchant (1767-1833), maire de Metz du 1°' novembre 1805 au 7 février 1816, sauf une courte interruption. Il habita la maison numéro 11, qui appartenait déjà à ses parents. Auparavant, la rue portait le nom de rue des Grands-Carmes. Les Grands Carmes s'étaient établis à Metz en 1255, avec l'autorisation du roi Saint-Louis. Puis ils se fixèrent dans la partie basse de la rue en Aiest où, en 1275, ils jetèrent les fondements de la magnifique église dont la construction ne fut achevée qu'en 1415. La Révolution dispersa les Grands Carmes. Des vestiges de l'église subsistent à l'angle de la rue Marchant et du boulevard Paixhans. « La voie qu'on appelait en Aiest écrit Edouard Sauer dans La Croix de Lorraine avait son entrée en haut de la rue Taison, suivait la rue des Trinitaires actuelle, la petite place des Maréchaux, entrait dans la rue des Grands-Carmes et aboutissait au grand Meize ou grand Jardin, vaste terrain qui fut transformé, en 1552, lors du siège de Metz, en un camp retranché appelé retranchement de Guise. MARÉCHAUX (place des) Saint-Georges.
Elle devait son nom à la corporation des maréchaux.
Comme tous les lèvres et autres artisans travaillant les métaux, les maréchaux choisirent saint Eloi comme patron. D'où probablement, la chapelle Saint-Eloi dans l'ancienne église Saint-Ferroy. MAURICE-BARRÈS (rue)
De la rue Lasalle à la rue Châtillon.
Anciennement, elle avait nom rue des Prisons Militaires. Ces bâtiments furent édifiés de 1739 à 1742 sur l'emplacement des vieux remparts, à côté des prisons civiles appelées prisons royales. Au début du XVIII siècle, la partie de la rue proche de l'église Saint-Martin formait une ruelle tortueuse et malpropre appelée Cul-de-Sac de Chaude-Ruelle ou de Chandellerue, ou encore Petite rue Saint- Martin, rue Derrière Saint-Symphorlen et ruelle du Pré. Elle menait à la chapelle du Pré détruite lors du siège de 1552. La rue reçut en 1924 le nom de rue Maurice-Barrès pour honorer la mémoire du grand écrivain lorrain, membre de l'Académie française, né à Charmes en 1862 et mort à Paris en 1923. MAZELLE (place)
Entre le boulevard André-Maginot, les rues Haute-Seille et d'Asfeld, et l'avenue Jean-XXIII.
Pour l'origine du nom, reportons-nous à la notice sur la rue Mazelle. MAZELLE (rue)
De la place des Paraiges à la place Mazelle.
Dès l'époque gallo-romaine, ce secteur de la ville revêtait déjà une certaine importance. Des fouilles, exécutées en 1858 pour la pose d'une conduite d'eau, exhumèrent, à deux mètres cinquante de profondeur et sur une longueur d'environ trois cents mètres, un tronçon de route romaine. Il s'agissait probablement de la tête de la voie qui partait de la porte de Seille pour se diriger vers Argentoratum (Strasbourg). Depuis la maison numéro 37 jusqu'au numéro 6 écrit Charles Abel dans un rapport à la Société d'Histoire et d'Archéologie nous avons remarqué une rue romaine très apparente, présentant trois couches bien caractérisées... ,>.
Les fouilles permirent de découvrir quantité de vestiges et d'objets divers. Nous empruntons au rapport cité plus haut, paru dans L'Austrasie de juin 1858, les passages suivants : « Lors des premières exfoliations, nous avons pu constater que la pioche venait de déterrer six grosses colonnes en pierre grisâtres présentant 0,55 m de diamètre. Le piédestal était un cube taillé dans la même roche que le fût et présentait 0,76 m de face sur 0,65 m de côté. L'entrecolonnement était de cinq mètres. Ces colonnes étaient placées suivant une ligne droite faisant un angle de 45 degrés avec la rue actuelle, à partir de la maison numéro 35. Les fragments de ces fûts de colonnes étaient d'inégale grandeur. Le plus grand tronçon portait 0,90 m, le plus petit 0,44 m. La contre-partie de ces colonnes gisait à côté du piédestal, ensevelie dans une couche de débris de tuiles entremêlés de poteries et monnaies romaines... « Plus avant, vers la place du Pont-Sailly poursuit Charles Abel à la hauteur de la maison numérotée 10, des débris d'autres colonnes nous sont apparus à 1,95 m de profondeur. Elles avaient 0,60 m de diamètre. Assises sur un piédestal, comme les précédentes, leur base était sculptée et présentait des moulures qui semblaient usées par le frottement de roues. Elles étaient au nombre de quatre, l'entrecolonnement n'était pas régulier. Il reste à déterminer quelle était la destination de l'édifice dont faisait partie cette colonnade. Remarquant le défaut de tore, de sculptures à la base, et l'absence de chapitaux et de frises, et le grand nombre de tuiles, nous avons pensé que cette disposition de la construction répondait à celle d'une halle, d'un marché. Une fois cette hypothèse admise, nous l'avons corroborée de la présence des ossements d'animaux, ce qui dénote une boucherie ou un marché à viande. « Or, un marché aux viandes s'appelait en latin macellum. La colonne rostrale, élevée à Rome en l'honneur du consul Caius Diullius, l'an de Rome 493, portait une inscription où se trouvait déjà le mot macellum. Le marché aux viandes de Rome fut construit sous Néron, et à cette occasion fut frappée une médaille qui en donne la configuration. C'était un bâtiment précédé d'une colonnade, tout comme a dû l'être l'édifice messin de la rue Mazelle, colonnade qui faisait, en cas de pluie, l'office de nos arcades de la place Saint-Louis.
Le macellum de Néron, dit Montfaucon, s'appelle encore aujourd'hui, à Rome, macello, et, en certains pays de France, mazel : c'est une boucherie. La rue Mazelle conclut Charles Abel semble donc devoir son nom à un ancien marché élevé sous les Romains, détruit par les barbares, et dont les ruines ont été pendant des siècles converties en terrains vignobles pour redevenir ensuite un lieu d'habitation La copie d'un acte d'aman de la fin du Xlll° siècle cite le nom de porte Mezels. En date du 14 mai 1474, un nommé Trainel, messager de la cité, logeant en la rue Mezelle, se voit gratifier de 60 livres pour bons et loyaux services. Un ban de tréfonds de 1478 constate que la rue Mezel, dans son parcours entre l'église Saint-Maximin et l'actuelle place Mazelle, est nommée bourg, ensuite quartier de Saint-Mamin. Or. Mezels ou Omezels signifiait lépreux. D'où la thèse de certains érudits qui font dériver Mazelle de lépreux. Ils avancent, pour étayer leur opinion, l'ancienne existence d'une léproserie Outre-Seille. II se peut cependant que du fait de cette ladrerie dont l'existence est fort contestée à cet endroit et pendant une certaine période, le nom de Mazelle se soit transformé momentanément en celui de Mezels. Mais Mezel peut aussi n'être qu'une déviation orthographique de Maizelle, dénomination que nous retrouvons dans de nombreux écrits. MEXICO (rue de)
De la rue du Champé à la rue des Tanneurs.
En 1666, on lui donna le nom de rue de Mexico, en souvenir de l'entrée des troupes françaises à Mexico, en 1863. MICHEL-PRAILLON (rue)
De la rue du Pontiffroy à celle de la Caserne. Actuellement disparue.
Elle s'appelait primitivement rue Bralllon. Ce nom est-il synonyme de bruit ? demande Chabert. C'était en tout cas l'avis des propriétaires du lieu qui, le 23 septembre 1844, au nombre de vingt, signèrent une pétition demandant le changement de cette dénomination. Ils prétendaient que ce nom, qui semble dériver du mot brailler, est loin d'être en rapport avec les habitudes paisibles des habitants de cette rue ; Il serait donc convenable de le remplacer par un autre, qui aurait une signification mieux déterminée. (Jean-Julien Barbé).
Et de prier l'administration de donner à cette ruelle le nom de Montpensier, en souvenir du passage à Metz de ce prince. En 1868, la commission municipale proposait de lui attribuer celui du Maréchal Molitor. Le nom de rue du Braillon se trouve sur un document de 1675. Au cours du XVIIè siècle, nombre d'actes mentionnent la rue Braillon. Par quoi remplacer ce mot mal sonnant ? La chance voulut qu'un certain Michel Praillon, issu d'une ancienne famille messine, devint maître échevin en 1554. De Braillon à Praillon, il n'y avait qu'un pas qui fut vite franchi, donnant ainsi satisfaction à tout le monde. MINIMES (rue des)
De la rue des Allemands à celle du Petit-Champé.
Son nom lui vient du couvent des Minimes. En 1602, le cardinal de Guise envoya à Metz des religieux Minimes ou frères hermites du frère François de Paul, et leur donna une maison sise près de la citadelle. Le roi Henri IV les confirma par lettres patentes en 1604. La même année, les religieux échangèrent leur immeuble contre l'hôtel de Charles du Marteau, seigneur de Mardigny, dans la rue des Allemands. Le couvent couvrit bientôt un vaste espace compris entre cette dernière rue et celle du petit Champé. II arrivait assez près de l'emplacement de la rue Gisors, ouverte en 1736. Les Minimes édifièrent une église, consacrée en 1640 et démolie en 1811. Six maisons, les numéros 70 à 80 de la rue des Allemands occupent son emplacement. Les caves du numéro 74 conservent des vestiges de la crypte, avec des piliers ronds à chapiteaux grossièrement taillés. Le couvent, où fleurissaient les sciences, fut supprimé à la Révolution. MONNAIE (rue de la)
De la place Saint-Simplice à la rue de l'Abreuvoir.
Elle s'appelait primitivement rue Derrière-Saint-Simplice. Le premier atelier monétaire messin se trouvait dans la rue des Murs. Le 1er janvier 1435, la cité le transféra dans une vaste maison de la petite rue Derrière-Saint-Simplice. Ce nouvel hôtel de la monnaie donna son nom à la rue. II fonctionna jusqu'en 1793. En 1804, la ville céda les bâtiments au bureau de bienfaisance qui les revendit en 1810 à des particuliers. En 1905, la municipalité les racheta pour les démolir (en 1906-1909). Elle éleva à son emplacement une école, ouverte en 1911. MOYEN-PONT (rue du)
De la rue Sainte-Marie au Moyen-Pont.
Le Moyen-Pont enjambe l'ancien bras navigable de la Moselle, que bordait la première enceinte de défense. II connut plusieurs noms successifs :
premier pont des Morts
pont des Barres (grilles)
haut pont des Barres, pour le distinguer du bas pont des Barres ou pont des Basses-Grilles
pont des Pucelles, du nom d'un monastère voisin de bénédictines
pont du District en 1793
pont des Hautes-Grilles
moyen pont des Morts
et enfin, par abréviation, Moyen-Pont. MURS (rue des)
De Fournirue à la rue de la Glacière.
A la fin du IIIè siècle, devant le danger de nouvelles invasions barbares, les habitants de Divodurum élevèrent hâtivement des fortifications autour de la ville. Pour l'édification rapide de cette enceinte, ils employèrent des matériaux prélevés aux monuments et aux riches villas de la périphérie. On a retrouvé ainsi, à la base des murailles, de nombreux débris de sculptures gallo-romaines qui enrichissent aujourd'hui les galeries lapidaires de notre musée. Nous connaissons à peu près l'emplacement de cette première enceinte. Des traces en subsistent en plusieurs endroits de notre cité. Les travaux du nouvel îlot Saint-Jacques mirent à jour une magnifique partie de soubassement entre la rue du Change et la partie démolie de la rue de la Chèvre, vers le bas de Fournirue. Composée de pierres sculptées, pour la plupart des stèles tombales, elle a été démontée et transportée au musée.
La rue des murs est construite sur les substructions de ces murailles et conserve leur souvenir. On disait jadis rue sur les Murs. En 1513, trois ou quatre maisons s'écroulèrent dans la rue des murs lesquelles estoient faictes et fondées dessus le viez mur de la vieille cité, pourquoi ladite rue ce appel dessus le mur, et l'on découvrit à leur base plusieurs sculptures et inscriptions romaines. Et ce fut alors veu, écrit Philippe de Vigneulles, que par dessoubz les aultre maison, sont ainssy que ce contenait la dite vieille muraille ez cloeson de la vieille cité ez tout du loing, sont en réponse perreille ymaige et figure de diverse sorte. NEUFBOURG (rue du)
De la place Saint-Nicolas à la place Saint-Thiébault.
Elle tient son nom du bourg qui se trouva enclavé dans la cité, au XIIIè siècle, lors de la construction de la seconde enceinte. NEXIRUE (en)
De la rue du Palais à la rue Poncelet.
Le manuscrit numéro 104 de la bibliothèque municipale donne ainsi l'explication de ce nom curieux : Le nom de Nexirue est un nom dérivé du mot latin Nexere ou Nexare, qui signifie faire mourir ou donner la mort. Entre cette rue et celle des Clercs existait jadis une petite place où se faisaient les exécutions criminelles. Un acte de 1578 cite une place en Nexirue derrière le palais (ancien palais de justice). Cette place, dit Sauer, était incontestablement l'endroit occupé aujourd'hui par l'immeuble numéro 26 de la rue du Palais. La chronique rimée de la ville de Metz, parue en 1697, donne le renseignement suivant :
Nexerue estait un lieu propice
A faire le criminel office.
Ecartons, sans nous y arrêter, l'hypothèse d'un savant allemand selon lequel le nom de Nexirue viendrait d'un certain Nicetius, évêque de Trèves. Sauer cite différentes orthographes du nom :
en 1220 et en 1446 Neccirue
en 1221 Nequinrue
en 1246 Neckesirue
en 1258 Naikesierue
en 1271 Nexecerie
en 1301 Niquisairue et Nikisierue
en 1302 Nikesierue
en 1360 Neikeclerue
en 1430 Acquecerue
en 1437 et en 1522 Eccerue
en 1463 Aieccerue
en 1486 Naequecerue NEY (avenue)
De la rue des Clercs à l'avenue De Lattre de Tassigny.
Elle s'appelait auparavant avenue de la Citadelle. En 1904, lors de la démolition de la Citadelle, elle fut prolongée jusqu'à l'avenue de Nancy, c'est-à-dire jusqu'à l'actuelle avenue De Lattre de Tassigny. Elle porte le nom d'avenue Ney, parce que s'y dresse en bonne place, devant l'Esplanade, la statue du maréchal Ney, oeuvre capitale du sculpteur Charles Pêtre, inaugurée le 15 août 1860, sous la présidence du maréchal Canrobert. OSSONS (rue aux)
De la rue Vigne-Saint-Avold à la rue Saint-Etienne.
Chabert affirme que cette dénomination vient du mot patois oussons, qui veut dire oisons, et dont on a fait ossons. C'est possible, dit Barbé. Mais il est curieux de constater qu'au XVIII' siècle, la rue est appelée rue au Son ou rue aux Sons, notamment sur des plans de 1737 et de 1784. Elle dépendait en 1773 de la paroisse Saint-Etienne, et en 1783 de la paroisse Saint-Eucaire. Une autre rue, aujourd'hui disparue, portait également le nom de rue au Son ou rue aux Grues, près de la rue au Blé. OURS (rue aux)
De la rue du Palais à la rue Poncelet.
Les historiens Abel, Bégin et Chabert prétendaient que c'était la rue aux Ouës, à cause des nombreux rôtisseurs installés dans cette artère et dont les oies rôties formaient la principale marchandise. De Ouës, on aurait fait Ours, le volatile serait devenu un quadrupède. Ce fait est vigoureusement infirmé par Sauer. Ce dernier ne relève que deux établissements hôteliers dans la rue . L'Ecu de France et l'hôtellerie A l'Ours. Le 25 juin 1701, un bail est établi en faveur de Dominique Hennesienne, concernant la maison joignant l'hôtellerie de l'Ours.
En date du 27 mars 1672, le chapitre de la cathédrale laisse à bail à Etienne Collin, huissier au Parlement de Metz, la maison où il fait sa résidence, sise rue aux Ours, et dicte communément la Maison des Petits-Ours. Etait-ce l'ancienne hôtellerie des Petits-Ours qui devait se trouver à l'extrémité de la rue aux Ours, près de l'actuelle rue Poncelet ? II serait plausible de croire que la rue tient son nom de l'hôtellerie de l'Ours ou des Petits-Ours, ou bien des deux, si ces établissements étaient différents. Nous pencherions volontiers pour cette dernière hypothèse. La rue porta pendant quelque temps le nom de rue des Hauts-Prêcheurs.
Les frères Prêcheurs avaient dû céder, en 1552, leur couvent aux Bénédictins de Saint-Arnould. En 1660, ils s'établirent dans les vastes bâtiments sis au numéro 20 de la même rue. Ils y élevèrent une église en 1712. Sauer cite deux actes de 1673 et un de 1674 qui mentionnent la rue des Hauts-Prêcheurs. La rue fut parfois nommée rue des Jacobins ainsi que le signale un acte de 1736. Les frères Prêcheurs étaient encore appelés Jacobins, parce que leur premier établissement à Paris se trouvait dans la rue Saint- Jacques, ou bien encore Dominicains, du nom de leur fondateur. PAILLE-MAILLE (rue)
De la rue du Pontiffroy à la rue Belle-Isle.
Il y eut de bonne heure dans cet endroit longtemps champêtre nous apprend Chabert une maison dite Epargne-Mail à raison des menues pièces de monnaie que mettaient les voyageurs dans le tronc établi au-dessous de l'image de la Vierge, en l'honneur de laquelle on avait bâti cette maison. Dans un acte de 1318, la rue est dite Aipargnemaille. De 1737 à 1749 au moins, cette artère porta le nom de rue de la Blanchisserie. La rue Belle-Isle avait jadis pour nom rue du Mail. Existerait-il un rapport entre Mail et Epargne-Maille ? Non. Mais il en existe un entre Mail et Paille-Maille. Car le paille-maille est tout simplement le jeu de mail ou de maillet. Nous lisons dans l'Introduction à la Vie dévote, de saint François de Sales, la phrase suivante :
Les jeux èsquels le gain sert de prix et récompense à l'habilité et industrie du corps ou de l'esprit, comme les jeux de la paume, ballon, paille-maille... La rue Paille-Maille doit donc tout bonnement son nom au fait qu'elle menait au terrain du jeu de mail, dans les jardins bordant l'actuelle rue Belle-Isle. PAIX (rue de la)
De la rue Pierre-Hardie au quai Paul-Vautrin.
Elle fut percée à travers l'ancienne abbaye de Saint-Louis. Ouverte à la circulation le 17 octobre 1797, jour de la publication du célèbre traité de Campo-Formio, elle prit en souvenir le nom de rue de la Paix. PAIXHANS (boulevard)
Du boulevard André-Maginot et de la rue Basse-Seille au pont des Grilles.
II porta les noms de rue Militaire, rue du Rempart des Juifs, rue du Rempart de l'Arsenal, à cause de l'ancien arsenal d'artillerie proche de son tracé, sur l'emplacement du retranchement de Guise. Sa dénomination actuelle rappelle le souvenir du général d'artillerie Henry-Joseph Paix hans, né à Metz le 22 janvier 1783 et mort à Jouy-aux-Arches, le 19 août 1854. PALAIS (rue du)
De la rue du Petit-Paris à la rue Pierre-Hardie.
Elle avait nom autrefois rue Derrière le Palais ou rue Sous le Palais. Le Palais était l'ancien Hôtel de Ville, édifié de 1315 à 1317. Une gravure de Chastillon nous le restitue. C'était un lourd bâtiment rectangulaire, avec chemin de ronde crénelé, marqué à chaque angle d'une guérite en pierre, aux murs percés de larges fenêtres gothiques.
Le Parlement de Metz, dès les premiers temps de sa création, prit possession du Palais, ne laissant que quelques salles à la municipalité. La partie donnant vers l'actuelle rue Fabert fut reconstruite en 1665-1666.
Au XVIIIè siècle, le Palais se trouva enclavé dans les nouvelles constructions de Blondel. Les derniers vestiges disparurent en 1810. Les maisons actuelles numéros 15 et 17 occupent une partie de l'emplacement du Palais. La maison numéro 17 a été reconstruite en 1842. La rue Derrière le Palais fut dite rue de la Loi en 1793. L'arrêté municipal du 1°' juillet 1816 lui donna le nom de rue du Palais. Un plan de 1737 mentionne, sous le nom de rue de l'Evêché, le tronçon allant de Nexirue à la rue au Blé, cette partie de la voie se trouvant derrière l'ancien palais épiscopal. PARADIS (rue du)
De la rue des Capucins à la rue Saulnerie.
Certains étymologistes prétendent que c'était l'ancien Chemin du Paradis, c'est-à-dire la voie conduisant au parvis. Le mot paradisius désignant le porche ou le cloître à l'entrée d'une église. D'autres voient dans cette dénomination un dérivé de via supérior, nom attribué à cette voie par opposition à la rue d'Enfer, dite autrefois via inferior. PARAIGES (place des)
Y aboutissent les rues Mazelle, des Allemands, du Champé, des Tanneurs, du Pont-Sailly, Fournirue et Haute-Seille.
L'arrêté municipal du 25 octobre 1906, comme nous l'avons vu, donnait le nom de rue Haute-Seille à la partie de l'ancien canal de la Seille allant de la place Mazelle au Pont-Sailly. En 1909, la démolition d'un pâté de maisons permit l'ouverture d'un passage entre les rues Mazelle et des Allemands, et donna naissance à la place des Paraiges, aux dépens d'un petit bout de la rue Haute-Seille. A partir de l'an 1130, l'ancienne capitale de l'Austrasie et du vieux royaume carlovingien s'affranchissait progressivement de la tutelle épiscopale et s'organisait en république gouvernée par un maître échevin. Insensiblement, son administration passa dans les mains de puissants groupements, les Parages, ou Paraiges. D'où vient le mot Paraige ?
Auguste Prost nous en donne l'explication : « Parage ou Paraige, qui ont donné au latin du moyen âge paregium ou paragium, viennent du bas latin paraticum qui était encore usité au XIIIè siècle dans le sens d'association, société, collège ». Les Paraiges n'étaient donc pas des individus isolés, mais des associations de familles privilégiées. Chaque Paraige portait le nom d'une famille qui y jouait le rôle principal et à laquelle tous les membres se rattachaient. Leur nombre s'élevait primitivement à cinq : Outre-Seille, Jurue. Porsaillis, Porte-Moselle et Saint-Martin. Le XIVè siècle vit la formation d'un sixième Paraige, celui du Commun, composé de gens du peuple, bourgeois, notables, artisans. PARIS (rue de)
Dans le quartier du Fort-Moselle. Elle s'étend du pont des Morts au pont du canal.
Elle est traversée par la route de Metz à Paris, et doit son nom à l'arrêté municipal du 1" juillet 1816. Avant, elle s'appelait Grande Rue du Fort. Cette artère fut formée en 1731, sur une partie des terrains laissés libres par les fortifications de la Double-Couronne. M. de Belle-Isle obtint du roi l'autorisation de disposer de ces terrains en faveur de particuliers. Ceux qui en déposèrent la demande reçurent gracieusement, par brevet royal, une parcelle de sol, à charge d'y construire, dans un bref délai, une maison suivant un alignement donné. Jean-Julien Barbé cite à ce propos le poème suivant :
De Paris devant nous se présente la rue
De la ville en ce point direct cheminement
En premier lieu venant offrir à notre vue
D'uniformes maisons, le droit alignement. PARMENTIERS (rue des)
De la rue de la Chèvre à la place Saint-Martin.
Elle portait déjà cette dénomination en 1456. Elle abritait les parmentiers ou tailleurs d'habits. Un vieux titre de l'évêché dit que le seigneur evesque doit toujours avoir avec lui son parmentier pour faire écoudre ses robbes. La rue des Parmentiers fut nommée autrefois rue de la Grand'Maison. Les Messins donnaient cette appellation à l'hôtel de Gournais. Cette vénérable maison existe toujours aux numéros 7 bis , 9 et 9 bis de la rue voisine du Grand-Cerf. Elle étendait ses dépendances à la maison numéro 2 de la rue des Parmentiers.
PAUL-BEZANSON (rue)
De la rue Fabert à la place de la Cathédrale.
Ouverte en 1825, elle s'appela d'abord rue du Commerce. Depuis 1919, elle porte le nom de rue Paul-Bezanson. Paul Bezanson fut maire de Metz de 1871 à 1877, et député protestataire au Reichstag de 1877 à 1882.11 mourut à Metz le 27 septembre 1882. Dès cette époque, le Conseil municipal proposa de donner à la rue du Commerce le nom de l'ancien maire. Mais le gouvernement allemand rejeta cette décision. Le Conseil décida d'élever au cimetière de l'Est un monument à la mémoire de Paul Bezanson. L'inauguration de cette stèle se déroula le 26 septembre 1885. Un médaillon de bronze, oeuvre du sculpteur Paul Hanneaux, orne le monument. Il représente le portrait de Paul Bezanson. PAUL-VAUTRIN (quai)
Paul Vautrin fut maire de Metz de 1924 à 1938.
Le quai qui porte son nom s'étend du Moyen-Pont au Pont des Roches. Commencé en 1740, il fut achevé en 1756, après une interruption des travaux durant une période de quinze années. II prit d'abord l'appellation de quai Sainte-Marie, du nom de l'abbaye voisine de femmes. Plusieurs cellules des chanoinesses donnaient sur la Moselle. En 1760 dit Chabert après la réunion des deux chapitres nobles de Sainte-Marie et de Saint-Pierre, sous le titre d'abbaye et insigne église collégiale, royale et séculière de Saint-Louis, il changea sa dénomination ! contre celle de quai Saint-Louis. En 1793, il s'appela quai Jean-Jacques Rousseau. Il reprit ensuite son nom de Sainte-Marie jusqu'en 1816 où un arrêté municipal du 1er juillet décide que « le quai actuellement nommé de Sainte-Marie s'appellera quai Saint-Louis. » PÈRE-POTOT (rue du)
De la place Saint-Nicolas à la rue de la Gendarmerie.
Elle s'appela d'abord ruelle des Fossés, à cause de la proximité des anciens fossés des fortifications. Ensuite, elle prit l'appellation de rue Saint-Thiébault, du nom d'une ancienne chapelle édifiée en 1159 sur un terrain voisin appartenant à l'abbaye de Sainte-Glossinde. L'arrêté municipal du 23 mars 1934 donna à la rue Saint-Thiébault le nom de rue du Père Potot. Nicolas-Marie-Dieudonné Potot naquit à Metz en 1771. Après de brillantes études, il commençait une carrière d'avocat lorsqu'une levée en masse l'obligea à suivre les armées. Il y devint chef de bataillon et fut gravement blessé à une jambe lors du siège de Mannheim, en 1799, alors qu'il recevait son brevet de colonnel. Sa blessure l'obligea à rentrer dans sa famille. La guérison n'arriva qu'au bout de 17 ans, mais sa jambe resta raide. En même temps que la guérison, il recouvra la foi qu'il avait perdue depuis fort longtemps. En 1818, il entra dans les ordres et se consacra à de nombreuses bonnes oeuvres. Il voulut faire plus et demanda, en 1834, son admission à la Compagnie de Jésus. Une résidence de cet ordre fut fondée dans sa propre maison. Mais ses jours étaient comptés et il mourut en 1837, âgé de 70 ans; PETITE-BOUCHERIE (rue de la )
du bas de Fournirue à la rue du Pont-Sailly.
La rue de la Petite-Boucherie, anciennement nommée Boucherie de Port-Saillis, fut élargie en 1810-1812. Un arrêt du Parlement de Metz, en date du 28 novembre 1753, fixa dans la ville six endroits où les bouchers pouvaient exercer librement leur profession. Cette rue était le troisième des six endroits déterminés par l'arrêté. « D'après l'analyse des actes relatifs aux maisons situées dans la rue de la Bucherie à Porsaillis ? nous dit Sauer ? on verra combien l'orthographe de cette rue a varié sous la plume des écrivains :
en 1233 maison située as arvois (aux arvoldes, arcades)
en 1296 maisosn ke siet à tor de lai Bucherie de Porsaillit
en 1297 maison sise sur les Menandes, granges et écuries autour (pour : sur le tour) de la Bucherie Porsaillis
en 1306 maison située sur le tour Porsaillit
en 1376 maison à la montée de Porsaillis
XVè siècle maison et étal de boucher lai voulte dessous le corcheux (abattoir). PETIT-CHAMPÉ (rue du)
De l'impasse Cour-au-Puits à la rue de l'Epaisse-Muraille.
Parallèle à la rue du Champé, elle prit le même nom. Mais comme son parcours était moins long, on l'appela le Bas-Champé ou Petit-Champé. Se reporter à la notice sur la rue du Champé. PETIT-PARIS (rue du)
De la rue du Palais à celle de la Tête-d'Or.
M. d'Hannoncelles prétend qu'elle portait anciennement le nom de rue Juvénal et aussi celui de rue Biffer. Chabert fait dériver cette dernière appellation du bas latin beffredus, c'est-à-dire beffroi. La rue s'appela ensuite rue Saint-Sauveur, et momentanément, en 647, rue de Sérignan, en hommage au commandant militaire de la province, Ch. de Sérignan, gouverneur de Metz de 1641 à 1650, qui y résidait. Elle prit son nom actuel vers 1720, d'après celui d'une enseigne de boutique ou d'hôtellerie Au Petit-Paris. Cette enseigne fut reprise vers 1830 par Joseph Becker, quincailler au numéro 9. PIERRE-HARDIE (rue)
De la rue du Palais aux rues du Faisan, de la Paix et Sainte-Marie.
Aux XIVè, XVè et XVIè siècles, elle portait parfois le nom de Herdie-Pierre. Edouard Sauer cite différents actes où ce nom se trouve mentionné : en 1357, 1367, 1417, 1475, 1482, 1490, 1586 et 1593. La Chronique rimée de la ville de Metz, publiée en 1697, nous donne une étymologie fantaisiste de la rue, ainsi que de la rue Haute-Pierre : En ce temps y eus' deux mignons
Ensemble deux loyaux compagnons,
Et bien semblables de manière,
Qui s'appeloient tous les deux Pierre.
Pour vous faire un vray récit,
L'un avait nom Pierre le Hardi ;
Et l'autre, selon la manière,
On le nommait le Haut-Pierre.
Ces deux seigneurs pour bonne raison
Firent chacun une maison
Pour d'eulx avoir la renommée
Chacune de leur nom fut nommée.
Celui qui avait nom Haut-Pierre
Sa maison fut la Haute-Pierre ;
L'autre selon leur industrie,
Fut nommée la Pierre Hardie.
Dans notre ouvrage Dans les Rues du Vieux Metz, paru en 1968, nous avons consacré un chapitre aux pierres de criée, sur lesquelles le crieur public, dominant la populace, proclamait les édits, annonçait les ventes ou lançait les enchères. Notre ville possédait plusieurs pierres de criée, parmi lesquelles la Haute-Pierre et la Pierre-Hardie laissèrent leur nom à deux de nos rues. On connaissait encore la Pierre du Palais, appelée aussi Pierre devant le Grand Monstier ou Pierre aux Huchements, la pierre Borderesse et la pierre de la place du Change. PILATRE DE ROZIER (rue)
Dans le quartier du Fort-Moselle. Du quai Richepance à la place Cormontaigne.
Elle tient son nom du célèbre aéronaute, né dans la rue voisine de Paris, le 30 mars 1754. François Pilâtre de Rozier fut le premier aéronaute et la première victime de l'air. Il mourut en tentant la traversée de la Manche, à partir de Boulogne, en compagnie du physicien Romain. Le ballon s'éleva jusqu'à une altitude de 600 mètres, lorsque soudain il prit feu et tomba sur les rochers de Wimereux, à 5 kilomètres de Boulogne. Pilâtre fut tué sur le coup, tandis que son compagnon respira encore pendant 7 à 8 minutes. PIQUES (rue des)
De la rue du Pont-de-la-Préfecture au quai Félix-Maréchal.
Autrefois, c'était la rue de la Fleur de Lys. Dans l'immeuble numéro 5, on lit encore une inscription gravée sur un fronton de pierre : Maison de la Fleur de Ly. Cette hôtellerie existait déjà en 1565. En 1793, la rue prit le nom de rue des Piques parce qu'il y avait un dépôt de ces armes dans la grange Saint-Antoine. PONCÉ (ruelle du)
Entre les numéros 27 et 31 de la rue Mazelle existe une ruelle pavée, fermée par une grille.
Elle avait nom jadis ruelle du Poncé. Elle menait à un petit pont de bois couvert, le poncet ou ponceau, jeté par-dessus la Seille pour permettre avant le percement de la rue de la Grande-Armée la communication avec le cimetière Saint-Simplice, la rue de la Monnaie et le Quarteau. PONCELET (rue)
De la rue des Clercs à la rue de la Garde.
Elle fut formée de la rue du Heaume et de la partie de la rue de la Garde qui se trouvait dans son prolongement, par arrêté municipal du 25 janvier 1868. Elle reçut le nom du général du génie Jean-Victor Poncelet (Metz 1788 Paris 1867). La rue du Heaume devait son nom à la Grande Maison du Heaume, ou Cour de Morimont, ouverte d'une part sur le numéro 8 de la rue du même nom, et d'autre part sur l'Esplanade. A cet emplacement fut ensuite construit le moderne café du Heaume, qui ferma ses portes en 1875. Une école de filles s'y établit en 1895. La construction d'un grand magasin, ces dernières années, nécessita la démolition de tout le pâté de maisons. PONT-DE-LA-GRÈVE (rue du)
De la place de la Grève à la rue du Champé.
Elle se situe dans le prolongement de l'ancien pont de la Grève, disparu en 1905 lors du comblement de la Seille. Le pont enjambait la rivière dans la continuation du mur du Xllè siècle. On le passait pour se rendre des rues Saulnerie ou Basse-Seille, sur la rive gauche de la rivière, au Champé ou à la Grève, sur la rive droite. L'ouvrage était en pierre, à une seule arche, et d'une largeur de six pieds, c'est-à-dire très faible. En aval, deux tours rondes le flanquaient. On l'appelait : nuef pont de la grelve, vers 1300 ; pont de la Grève sur Seille, en 1739 ; pont de Grève ou de la Grève en 1610 et en 1784. Sa construction daterait, semble-t-il, des dernières années du X1l1è siècle. PONT-MOREAU (rue du)
De la place de la Préfecture à la rue des Bénédictins.
Baltus, dans ses Annales de Metz, écrivait en 1737 :
Le pont-Moreau a été démoli, rétabli à neuf et considérablement élargi. aux frais de la ville, qui en même temps a fait bâtir et rétablir les moulins au-dessous, tant derrière l'Etape que du Terme. Un peu avant l'entrée du pont, à droite, se trouvait la Maison de l'Etape, appelée ainsi parce qu'il s'y faisait, aux XVIIè et XVIIIè siècles, les distributions de vivres aux troupes de passage. Cette maison appartenait en 1583-1584 à un maître forgeur d'armes, Jehan Moreau, qui laissa son nom au pont. PONT-DES-MORTS (rue du)
Du Moyen-Pont à la place du Saulcy. Elle tient son nom du Pont des Morts.
Ce dernier doit son appellation à un singulier usage. II fut édifié par l'hôpital Saint-Nicolas qui reçut en échange de la ville, par ordonnance du 6 juin 1282, la succession des habits de ceux qui mouraient dans la ville, pour Dieu et en aumônes au profit des pauvres dudit hôpital. Plusieurs titres postérieurs confirmèrent ce droit, notamment en 1312, en 1318 et en 1349. Ce dernier en date ordonne que tous ceux qui mourront laisseront à l'hôpital la meilleure cotte, couvre-chef, chaperon, etc... D'aucun infirment cette thèse et prétendent que le pont de bois qui existait auparavant portait déjà le nom de pont des Morts. De cet endroit, en effet, on précipitait dans la Moselle les criminels condamnés à la noyade. De l'ancienne place Coislin à la place des Charrons. Le chanoine Bour affirme que le Pont-à-Seille existait déjà en l'an PONT-SAILLY (rue du)
De la rue des Tanneurs à la rue Saulnerie.
La rue conserve le souvenir du pont-Sailly qui enjambait la Seille à cet endroit, avant le comblement de la rivière, en 1905. Vers la fin du XVè siècle, des échoppes s'édifièrent sur le pont. Reconstruites à plusieurs reprises, notamment en 1779 et en 1828, elles disparurent définitivement en 1868. Le pont fut élargi du côté de Saulnerie. PONT-SAINTGEORGES (rue du)
Du pont Saint-Georges à la rue du Pontiffroy.
Le pont Saint-Georges, un des plus anciens ponts de Metz, date dit-on, de l'époque gallo-romaine. Placé à la sortie de la Porte-Moselle, il donnait accès à la chaussée romaine menant à Caranusca et à la cité impériale de Trèves. II porte le nom de l'ancienne église Saint-Georges, aujourd'hui disparue, qui s'élevait dans la rue Saint-Médard. PONT-SAINT-MARCEL (rue du)
De la place de la Comédie à la rue Belle-Isle.
Cette rue tient son nom du pont Saint-Marcel, lui-même ainsi appelé à cause du voisinage de l'ancienne église paroissiale Saint-Marcel. La construction du pont remonte à l'année 1737. PONTIFFROY (place du)
Des rues du Pontiffroy et Belle-Isle au pont du Pontiffroy. Se reporter à la notice sur la rue du Pontiffroy. PONTIFFROY (rue du)
De la rue du Pont-Saint-Georges à la place du Pontiffroy.
La rue tire son nom du pont dit Pontiffroy ou Pont Thieffroy. On se perd en conjectures sur l'origine de cette appellation. La Chronique de la noble ville de Metz en donne une version fantaisiste :
On passait dessus les rivières
Sur ponts de bois et non de pierres
Mal retenues par leurs coûtanges,
On marchait souvent par les fanges.
Le peuple en était tourmenté.
En temps d'hyver en temps d'été,
Tant les eaux faisaient de ravages
A leurs biens et leurs héritages.
Mais Dieu permit deux nobles hommes
De grand renom, puissants en somme,
L'un se nommait Thiffridus,
Et l'autre avait nom Moridus.
Un pont fit faire Thiffridus
De pierres à la porte d'Albus,
Espérant que grand bien ferait,
Et fut nommé le Pont Thiffroy.
Moridus en pareille sorte,
En fit faire un à l'autre porte,
En pitié et en bon remords,
Qu'il fit nommer le Pont des Morts.
Chabert pense que le nom dérive peut-être du latin pons frigidus. Du XIIIè au XVè siècle, cette voie portait le nom de Franconrue. En 1792, on la dénomma rue du Pont-de-Thionville pour lui redonner, en 1799, son ancienne appellation de rue du Pontiffroy. PRÉFECTURE (place de la)
De la place de la Comédie au pont Moreau.
Elle avait nom anciennement place du Petit-Saulcy. La pointe qui termine cette place portait le nom de Petit Saulcy, en opposition au Grand Saulcy voisin qui devint la place de la Comédie. Elle s'appela place de l'Intendance après 1739, et place des Subsistances en 1793. Elle prit l'appellation de place de la Préfecture en 1800. PRINCERIE (rue de la)
De Fournirue à la rue Taison.
La partie de cette rue touchant la rue Taison portait jadis le nom de ruelle du Loup. L'autre segment descendant vers Fournirue était dit rue Derrière Saint-Gorgon. En 1777, les Messins le désignaient plus spéciale- ment du nom de rue de Broglie. L'arrêté municipal du 1er juillet 1816 réunit les deux tronçons de la rue dans la même dénomination et décrète que la rue où se trouvent l'ancien hôtel de la Princerie et la grande porte de l'hôtel de Ville sera nommée dans sa totalité rue de la Princerie. L'hôtel de la Princerie est l'ancienne résidence du princier de la cathédrale. Le princier remplissait les fonctions de chef du chapitre. Sa dignité le classait directement après l'évêque et lui conférait ainsi le second rang parmi les hautes personnalités du diocèse. PONT-DE-LA-PRÉFECTURE (rue du)
De la place de Chambre à celle de la Préfecture.
Le pont s'appelait anciennement Pont des Portières ou Pont de la Porte aux Chevaux, à cause d'un abreuvoir qui s'y trouvait, ou encore Pont près des Moulins de la Porte aux Chevaux. On le nomma également disparurent définitivement II prit le nom de Pont des Subsistances en 1793.
PONT-SAINT-GEORGES (rue du)
La rue s'appela rue du Pont-du-Saulcy ou rue des Quatre-Tournants, du nom du moulin ainsi désigné.
Du pont Saint Georges L'arrêté municipal du 1er juillet 1816 décrète que: la rue du Pont du George aboutissant à la place, sera nommée rue de la Préfecture dit on, ensuite près des moulins de la porte aux Chevaux portera le nom de Pont de la Préfecture. PONT-DES-ROCHES (rue du)
De la place de Chambre à la place de la Comédie.
Elle doit son nom au pont des Roches qu'elle traverse. Pour l'étude de cette appellation, se reporter sur la rue des Roches. PONT-SAINT-MARCEL (rue du)
De la place de la Comédie à la rue Belle-Isle.
Cette rue tient son nom du pont saint-Marcel, lui-même ainsi appelé à cause du voisinage de l'ancienne église paroissiale Saint-Marcel. La construction du pont remonte à l'année 1737. PONT-A-SEILLE (rue du)
de l'ancienne place Coislin à la place des Charrons.
Le chanoine Bour affirme que le Pont-à-Seille existait déjà en l'an 1105. Les bans de tréfonds du XIIIè siècle le mentionnent de 1245 à 1290, sous le nom de nueuf pont à Saille. Il était construit en dos d'âne et portait des habitations et des échoppes, puisqu'un acte de 1290 cite li barbier desus lou Pont à saille. Le manuscrit 109 de la bibliothèque municipale mentionne une quittance délivrée en 1340 par Perrin, l'écrivain, dessus le nueuf pont-à-Seille. Philippe Willemay, orfèvre de dessus le pont-à-Saille, trépassa le 22 octobre 1627, nous apprend dom Sébastien Floret dans son journal. Sur un plan de 1738, aucune construction ne figure plus sur ce pont. Le pont-à-Seille a naturellment disparu en 1905 lors du comblement du canal de la Seille. L'ancienne ruelle à Saille (1257) reliait à la place du Champ-à-Seille au Pont-à-Seille. QUARTEAU (place du)
Y aboutissent les rues Royale, de Coislin, Saint-Henry, de la Fontaine. des Huiliers et la place Saint-Louis.
Il existait encore au siècle dernier la petite rue du Quarteau qui reliait la place du même nom à la rue du Grand-Cerf et à la place Saint-Louis. Elle a été supprimée et rattachée à la place du Quarteau. Le quartaut, dit le Petit Larousse, est une ancienne mesure de capacité qui valait soixante-douze pintes (environ soixante-dix litres). La quarte contenait deux pintes. La quarte était aussi une mesure de poids. La quarte de Metz valait environ six livres et se divisait en quatre-vingt coupillons (Atour de 1312) C'est bien du mot quarte qu'est issu le nom de la place. Au Xlllè siècle, elle s'appelait Quairtal, Quertal ou Quartai ; en 1384, au Quartalz, et en 1490, au Qualrtaul. On y faisait les quartages ou mesurages de certaines marchandises dont une partie des coupillons revenait, à titre de droits, à la ville ou à l'hôpital Saint-Nicolas. RABBIN ELIE-BLOCH (rue du)
De la rue de l'Arsenal au Boulevard Paixhans.
Elle s'appelait autrefois rue de l'Arsenal et comprenait l'actuelle rue de ce nom. Tout le pâté de vieilles maisons sises entre cette rue et le quai actuel du Rimport fut démoli de 1930 à 1937. C'était le ., quartier chaud » de la ville. De nouvelles constructions s'y élevèrent depuis la dernière guerre. La rue prit jadis le nom de rue des Juifs, ces derniers étant nombreux dans le quartier. Elle doit sa dénomination actuelle à la décision du Conseil municipal du 19 décembre 1963, et à l'arrêté préfectoral du 6 juillet 1964. RÉCOLLETS (rue des)
De la rue de l'Abbé-Risse à la rue de la Glacière.
La rue porta successivement les noms suivants : rue sur les Murs, rue des Cordeliers, rue des Cordeliers sur les Murs, rue de la Cour de Villers et enfin, vers 1634, rue des Récollets. Les moines cordeliers s'installèrent en ce lieu en l'an 1230, gràce à la pieuse libéralité de gente dame Odile de Belgré, épouse du maître échevin Simon de Belgré. Au début du XIVè siècle, ils édifièrent ce cloître à plafond de bois, avec arcades en tiers-point, véritable bijou architectural, dont il subsiste encore trois côtés. Ils y élevèrent ensuite une église, terminée en 1486 ; elle fut démolie en 1804. En 1603, les Cordeliers cédèrent leur monastère aux Récollets. Ces religieux y vécurent jusqu'en 1790. date à laquelle un décret de l'Assemblée Constituante les déposséda. RÉPUBLIQUE (place de la)
Entre la rue Winston-Churchill, les avenues Ney et Robert-Schuman.
Elle fut formée sur les anciens remparts et fossés de la citadelle. Un arrêté du Conseil des Anciens, du 22 août 1797, les avait concédés à la ville. Son premier nom fut place Royale. En 1848, elle prit l'appellation de place de la République. Le 9 avril, on y planta l'arbre de la Liberté. Après 1852, elle reprit le nom de Place Royale. L'arrêté municipal du 30 novembre 1918 lui restitua la dénomination de place de la République. RICHEPANCE (quai)
Dans le quartier du Fort-Moselle. II s'étend du pont des Morts au pont du Pontiffroy.
Primitivement, il s'appelait quai du Fort-Moselle. L'arrêté municipal du 6 février 1861 lui donna le nom de Quai Richepance. Antoine Richepance naquit à Metz le 25 mars 1770. Il entra dans la vie militaire comme entant de troupe. Sa valeur se manifesta brillamment lors de nombreuses campagnes et il conquit le grade de général de division. En 1801, il reçut le commandement du corps expéditionnaire de la Guadeloupe, où il mourut de la fièvre jaune le 3 septembre 1802. RIMPORT (quai du)
Du pont Saint-Georges au pont des Grilles.
II porte ce nom, qui était en somme sa première appellation, depuis la rénovation de ce quartier. Avant, il se nommait quai de l'Arsenal, à cause de l'arsenal d'artillerie qui se trouvait dans son prolongement, de l'autre côté de l'actuel boulevard Paixhans. Anciennement, il porta déjà les noms de Rhinport, Ramport, Palram- port, ensuite quai des Juifs et quai de la Moselle. Au Moyen Age. on déchargeait à cet endroit les bateaux venus du Rhin. ROBERT-SCHUMAN (avenue)
De la rue Serpenoise à la place du Roi George.
Cette avenue, écrit Barbé, occupe une partie de l'emplacement de l'ancienne Promenade d'Armentières. Elle commençait au rempart Serpenoise, près de la rue Châtillon, et longeait les fossés de la citadelle jusqu'en face de la rue des Clercs actuelle. Le marquis d'Armentières l'avait fait planter de tilleuls et avait ouvert cette promenade aux Messins. L'avenue fut établie en 1852, afin d'ouvrir une communication directe L'avenue fut établie en 1852, afin d'ouvrir une communication directe avec la première gare messine, sise alors à l'emplacement de l'Ancienne Gare. La voie prit la dénomination d'avenue Serpenoise parce qu'elle se trouvait dans le prolongement de la rue du même nom. Enfin, un arrêté récent lui donna le nom d'avenue Robert-Schuman.
ROBERT-SEROT (boulevard)
Du Moyen-Pont au pont des Morts.
Pendant longtemps s'étendirent à cet endroit, sur une partie de l'actuel quartier Saint-Vincent, des vignobles appartenant, pour la plupart, au monastère des Pucelles-en-la-Vigne, fondé en l'an 1026 dans l'ïle du au monastère des Pucelles-en-la-Vigne, fondé en l'an 1026 dans l'ïle du Saulcy. Lors du siège de 1552, les militaires occupèrent une partie du monastère, près des murs de la ville, pour y élever des fortifications. L'année 1560 vit la destruction de la partie restante du couvent. La rue fut établie sur d'anciens remparts et prit le nom de rempart du Saulcy. Elle fut considérablement élargie en 1902. Vers 1968, la ville donna au rempart du Saulcy le nom de boulevard Robert-Sérot pour rappeler la mémoire de Robert Sérot, député de Metz, président du Conseil général de la Moselle (1885-1954). ROCHES (place des)
Dans le bout de la rue des Roches, vers le pont des Roches.
De cette petite place, on accède au pont par un escalier. ROCHES (rue des)
De la rue du Pont-de-la-Préfecture à la rue du Pont-des-Roches.
Cette rue est ainsi nommée écrit Jean-Julien Barbé à cause du terrain sur lequel elle a été tracée. A différentes époques, notamment au XIVè siècle, on y découvrit plusieurs traces de murs de bâtisses romaines. En 1622, on démolit la muraille des Roches. Depuis plusieurs années déjà les tours qui s'y trouvaient étaient tombées en ruines. Cette muraille faisait partie des longs murs qui servaient jadis d'enceinte à ce côté de la ville et se développaient depuis le Moyen-Pont jusqu'au pont des Grilles. Ces fondations romaines étaient tellement dures qu'on les compara à des rochers. Dès 1206, et jusqu'en 1585, cette voie s'appelait rue des Chaurlers ou rue des Chauriers-aux-Roches. Il s'y trouvait des bains publics ou étuves tenus par la confrérie des étuveurs ou chauriers. (Nous retrouvons ici le vieux mot patois chauer :(laver). ROYALE (rue)
De la place Saint-Louis à celle du Quarteau.
Elle fut ouverte en 1603, pour l'entrée du roi Henri IV à Metz, sur une partie des dépendances du Quarteau (Chabert). A cet effet, la ville avait acquis. pour la démolir, une maison sise place du Change (actuelle place Saint-Louis). La destruction de cet immeuble permit le passage de la nouvelle voie ainsi que l'édification de quelques échoppes. La démolition de ces échoppes, en 1812, donna lieu en 1816 à l'élargissement de la rue. En 1792, quelques boutiques menaçaient ruine. Elles furent abattues pour faciliter la communication entre les deux places (Barbé). La rue Royale fut dite rue Nationale après la Révolution ainsi qu'en 1848. Elle porte le nom de saint Etienne, premier martyr et patron du diocèse de Metz. Selon Grégoire de Tours, saint Clément aurait apporté à Metz quelques reliques du saint. Il aurait fait bâtir, pour les abriter, un premier oratoire, à l'emplacement du choeur de la cathédrale actuelle. Sur le grand sceau de la cité de Metz, du XIIè au XIVè siècle, figure la scène du martyr de saint Etienne. Ce dernier est représenté de profil, à genoux et mains jointes, entre deux bourreaux qui le lapident. A une époque, la place s'appela Pâté de la Cathédrale, probablement à cause de sa forme. En 1793, elle fut nommée place Etienne. SAINT-CHARLES (rue)
Elle allait de ta place Chapelotte à la rue du Cambout et devait également sa dénomination à l'arrêté du 8 juin 1731, Charles étant un des prénoms de Mgr du Cambout de Coislin. SAINT-CLÉMENT (rue)
Des rues Saint-Vincent et des Bénédictins à celle du Pontiffroy.
II existait là, au XVIè siècle, une ruelle dite ruelle de Hettange. La rue actuelle fut ouverte en 1737 sur des terrains de l'abbaye de Saint-Clément. Elle porta alors le nom de rue Derrière Saint-Clément. En 1793, la voie fut dite rue Clément. SAINT-ETIENNE (rue)
De la rue Mazelle à la rue Vigne-Saint-Avold.
Elle s'appelait anciennement rue Lèchebarbe ou Lachebarbe, nom d'un particulier. Un acte de 1245 cite la maison Lachebarbe derrière l'église Saint-Etienne-le-Dépenné. Un arrêté municipal de 1840 donna à la rue sa dénomination actuelle parce que l'église y avait son entrée. SAINT-ETIENNE (place)
De la place de la Cathédrale et de la rue d'Estrées à la place de Chambre, à laquelle on descend par un double escalier de pierre. SAINT-EUCAIRE (rue)
De la rue des Allemands au boulevard André-Maginot.
Primitivement, elle avait nom rue derrière Saint-Eucaire. Elle tient son nom de l'église Saint-Eucaire dont elle borde le mur de l'ancien cimetière SAINT-FERROY (rue)
De la rue Marchant à la rue de l'Arsenal.
Elle portait ce nom depuis 1197 et le devait à la chapelle, plus tard église paroissiale, dédiée à saint Ferroy. Cette église, démolie en 1812, s'élevait à l'angle de la rue Marchant. SAINT-GENGOULF (rue)
De la place Saint-Martin à la rue Châtillon.
Cette artère conserve le souvenir d'une église paroissiale disparue. L'édifice, sis à l'extrémité de la rue, vers l'évêché, occupait l'emplacement des actuelles maisons numéros 17 et 19 de la place Sainte-Glossinde. L'église Saint-Gengoulf fut supprimée en 1791, et convertie en logements en 1798. Des actes de 1330 mentionnent déjà la rue. En l'an 1460, on l'appelait aussi rue des Tonneliers. En 1626, elle se trouvait désignée sous l'appellation de rue Neuve Saint-Gengoulf et, au XVIIIè siècle, de rue des Prisons-Royales ou rue de la Prison-Bourgeoise. Les prisons royales dataient de l'année 1700. SAINT-GEORGES (rue)
De Vincentrue à la rue Goussaud. C'était une partie de l'ancien prolongement de la rue Saint-Marcel.
Cette dernière artère, à la hauteur de son issue actuelle, inclinait son cours vers la droite et passait derrière l'abbaye de Saint-Vincent, entre les bâtiments conventuels qu'elle longeait, et les maisons construites au bord de l'eau. Elle côtoyait l'hôtel du Passetemps, ensuite l'hôpital Saint-Georges, pour aller rejoindre la rue du Pontiffroy. Ce fait explique les différents noms de la rue : rue du Passetemps au XVè siècle, rue Saint-Georges sur un plan de 1789, rue des Pères Saint-Georges en 1817. SAINT-HENRY (rue)
De la place du Quarteau à la rue de la Gendarmerie.
C'est une des quatre artères qui doivent leur nom à l'arrêté du 8 juin 1731. Henry était en effet un des prénoms de Mgr de Coislin. SAINT-JACQUES (place)
De la rue Fabert à la rue de Ladoucette.
Son nom lui vient de l'église Saint-Jacques qui s'élevait jadis à son emplacement. Elle changea souvent de dénomination au cours des siècles. On l'appelait :
En 1137, 1609, 1698: place Saint-Jacques.
En 1698 et en 1773 : place Derrière Saint-Sauveur.
En 1793: place de la Révolution, puis place de la République.
De 1806 à 1815 : place d'Austerlitz.
De 1816 à 1830: place Saint-Jacques.
De 1830 à 1874 , place d'Austerlitz.
depuis 1874 : place Saint-Jacques.
L'arrêté municipal du 18 janvier 1806 concernait en même temps la dénomination de la place d'Armes. En voici la teneur : Le maire de la ville de Metz, qui met au nombre de ses devoirs les plus chers le soin de perpétuer le souvenir des immortelles victoires par lesquelles Sa Majesté l'Empereur et Roi, Napoléon-le-Grand toujours auguste, a décidé du sort de l'Europe, élevé son armée au plus haut degré de gloire, et placé son peuple au premier rang des nations informé qu'un grand nombre de citoyens ont manifesté le voeu de l'érection d'un monument digne des grands et mémorables événements de la guerre de soixante jours, et de voir les places principales décorées des trophées de la Grande-Armée considérant que la première de ces propositions est du ressort du Conseil général qui s'empressera, dans sa première session, de porter à cette occasion ses voeux au pied du trône de S.M.I. et R., arrête :
Art. 1. Les places d'Armes et de Saint-Jacques de la ville de Metz seront nommées : la première, place Napoléon, la seconde, place d'Austerlitz.
Art. 2. Les inscriptions anciennes seront effacées dans le jour : elles seront remplacées par des couronnes de laurier et d'olivier, au milieu desquelles se liront en lettres très apparentes les inscriptions nouvelles. Le Maire, MARCHANT.
En 1816, c'est une décision signée par M. de Turmel, premier magistrat, qui rendit à la place sa première dénomination. L'arrêté du 8 août 1830, lui redonnant le nom d'Austerlitz, porte la signature de M. Bouchotte. Au XIIIè siècle, la ruelle des Barons aboutissait derrière Saint-Sauveur. Son nom lui venait très vraisemblablement de Gérard Baron, chanoine de Saint-Sauveur. Anciennement, la place Saint-Jacques n'était qu'une petite place devant l'église du même nom. SAINT-JEAN (impasse)
Elle part de la rue du Moyen-Pont.
Elle conduit à la voûte de l'ancien abreuvoir du Petit Saint-Jean et donne accès au bord de la Moselle. Son nom lui vient de l'ancienne propriété des chevaliers de Saint-Jean de Rhodes, dits encore chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Vers le XIIè siècle, ils fondèrent un hôpital connu sous le nom de Petit Saint-Jean en Chambre. Ils en firent plus tard le siège d'une commanderie de leur ordre. II s'élevait au bord de la Moselle, et une partie occupait l'emplacement de ruines gallo-romaines. SAINT-LOUIS (place)
De la rue du Change aux rues Royale et du Grand Cerf.
Y aboutissent la rue de la Tête-d'Or, la place Saint-Simplice et la rue de l'Abreuvoir. Avant le XIIè siècle, la première enceinte, se superposant à la muraille gallo-romaine, se situait à cet endroit entre la rue de la Chèvre et l'actuelle place Saint-Louis. Dans le courant du XIIIè siècle, la ville s'agrandit et déborda de ses anciens remparts. On éleva alors des constructions contre les vieux murs et on appela le lieu place du vief et du nuef, autrement dit En Vésigneuf. Un poème de la Guerre des Quatre-Seigneurs, en 1324, disait :
On trueve bien en Vesignuef
Poivre, seffrans et autrez espaces,
Soie, sendel, draps d'or gneufz ;...
On trouve bien en Vésigneuf
Poivre, safran et autres épices,
Soie, taffetas, drap d'or tout neuf ;
La place devint ensuite le quartier du Change où, sous les arcades, se dressaient les tables ou étaux des changeurs dont l'industrie florissait alors dans notre cité. Au début du XVIIIè siècle, une fontaine existait au milieu de la place du Change. Elle était entourée d'un grand bassin en pierre de taille. En l'an 1707, M. Ferrand, curé de Saint-Simplice, acheta une statue du roi Louis XIII découverte dans les ruines de la citadelle. Le brave ecclésiastique fit passer cette effigie pour celle de Louis IX et la jucha sur la fontaine. Cet édifice devint la fontaine Saint-Louis et donna son nom à la place. SAINT-LOUIS (rue)
De la place de Chambre à la rue de la Paix.
Ouverte au début du XIXè siècle sur le terrain de l'ancienne abbaye de Saint-Louis, elle doit son nom à l'arrêté municipal du 1er juillet 1816. La collégiale de Saint-Louis, formée en 1762 par la fusion des abbayes de Saint-Pierre et de Sainte-Marie, occupait les bâtiments de la dernière. SAINT-MARCEL (rue)
De la rue du Pont-des-Morts à la place Saint-Vincent.
Elle formait à l'origine une communication directe de la rue du Pont-des-Morts à celle du Pontiffroy. A peu près à la hauteur de l'actuelle rue Hollandre-Piquemal, elle s'inclinait vers la droite pour passer derrière les bâtiments de l'abbaye de Saint-Vincent, entre les dits bâtiments et les maisons élevées au bord de l'eau. La rue conserve le souvenir de l'église paroissiale Saint-Marcel. Cet édifice occupait l'emplacement du numéro 23 de la présente rue et le numéro 7 bis de la rue du Pont-Saint-Marcel. En creusant les caves de cette dernière maison, on exhuma de nombreux ossements humains. SAINT-MARTIN (place)
Des rues du Coëtlosquet, des Parmentiers et Saint-Gengoulf, à la rue Lasalle.
Baltus, dans ses Annales, relate ainsi la création de la place :
Les maisons situées au haut de la rue des Parmentiers, derrière la grand'maison, laquelle se trouvait entre la ruelle des Prêtres, d'une part, et la rue du Cours Saint-Martin, d'autre part, furent démolies en juillet 1749 pour former une place triangulaire, qui ne fut pavée qu'en octobre-novembre de l'année 1753. Ces démolitions étaient faites en exécution d'une ordonnance du Bureau des finances en date du 24 février 1748. Ce lieu prit le nom de place Saint-Martin, à cause de la proximité de l'église de ce nom. Avant sa formation, la rue qui passait devant l'église s'appelait rue Saint-Martin ou Saint-Martin-rue, ou encore rue du Cours Saint-Martin. En 1793, la place Saint-Martin prit le nom de place du Peuple. SAINT-MÉDARD (rue)
De la rue Chambière à la rue Tour-aux-Rats. Actuellement disparue.
Elle doit son nom à l'église Saint-Médard, sise jadis dans cette artère et démolie en 1552 pendant le siège de Metz. Cette voie porta le nom de ruelle Derrière-Saint-Médairt en 1360 et celui de rue Médard en 1793. SAINT-NICOLAS (place)
Y aboutissent les rues de la Fontaine, Lasalle, du Neuf bourg, des Augustins et du Père-Potot.
Primitivement, écrit Chabert, c'était le passage ou rue Cerisaie, en souvenir d'une plantation de cerisiers. La place tient son nom de l'hôpital Saint-Nicolas, fondé au XIIè siècle. A cette époque-là, il se trouvait presque dans la campagne, environné de soleil et d'air pur. Plus tard, il sel'etrouva enserré entre les actuelles rues de la Fontaine, de Saint-Henry et de la Gendarmerie, et du Pére-Potot. SAINT-SIMPLICE (place)
De la place Saint-Louis à la rue Haute-Seille.
Elle perpétue le souvenir de l'ancienne église Saint-Simplice, édifiée vers la fin du Xlllè siècle. Un vaste cimetière y était attenant. L'église, fermée à l'époque révolutionnaire, servit de halle aux grains. En 1809, l'agrandissement de la place Saint-Louis et l'établissement d'une communication entre cette place et la rue Mazelle amenèrent la suppression du cimetière et la démolition de l'église. La place reçut d'abord le nom de place de Friedland en souvenir de la célèbre bataille livrée le 14 juin 1807. On l'appelait aussi plus communément place Neuve, par rapport à la vieille place Saint-Louis qu'elle jouxtait. Elle prit en 1806 la dénomination de place Saint-Simplice. En 1830, elle reprit celle de Friedland qu'elle conserva jusqu'en 1874. Pendant l'annexion, c'était le Neumarkt (nouveau marché). Après la Grande Guerre, elle redevint place Saint-Simplice. SAINT-THIÉBAULT (place)
Y aboutissent les rues du Neufbourg, des Augustins, d'Asfeld, François-de-Curel et le rempart Saint-Thiébault.
Elle doit son nom à la chapelle Saint-Thiébault, fondée en 1159, en avant de l'ancienne porte hors des murs de la cité. Au début du XVIIIè siècle passaient à cet endroit les murs et fossés de la ville. Dans la muraille s'ouvrait la première porte Saint-Thiébault. En 1739, ce quartier connut un important bouleversement. Les fortifications furent détruites, les fossés comblés et la porte démolie. En 1740, cette dernière fut rétablie un peu plus loin, sur les nouvelles fortifications. SAINT-THIEBAULT (rempart)
De la rue Harelle à la place Saint-Thiébault.
La rue fut établie en 1739 sur la limite d'anciens fossés de défense, contre les nouveaux remparts entre les portes Saint-Thiébault et Serpenoise. On la nomma rempart du Midi en 1793. La démolition des remparts débuta en janvier 1902. Une rangée de maisons fut construite à leur emplacement. L'arrêté municipal du 12 février 1904 décrétait :
Les rues dites autrefois le rempart Serpenoise et le rempart Saint-Thiébault ont été réunies sous le même nom de Saint-Thiébault. SAINT-VINCENT (place)
Entre les rues Belle-Isle, Saint-Vincent, Goussaud et Saint-Marcel.
Elle fut établie en 1741, aux frais de la ville, à l'emplacement de la grande cour de l'abbaye de Saint-Vincent. Elle en reçut le nom. L'abbaye bénédictine de Saint-Vincent fut fondée en 968, par Thierry1'évêque de Metz. SAINT-VINCENT (rue)
De la rue Saint-Clément à la place Saint-Vincent.
Elle fut établie en 1740, la même année que la place du même nom. En 1793, elle fut dite rue Vincent. SAINTE-BARBE (rue)
Quartier du Fort-Moselle. Entre le pont du Pontiffroy et le nouveau pont de Thionville.
Sainte Barbe est la patronne du Pays messin, et aussi de plusieurs métiers dangereux comme artilleurs, pompiers, mineurs, fondeurs, poudriers et même, par une amusante équivoque, des brossiers. pour ce qu'ils mettent le poil en oeuvre. SAINTE-CROIX (place)
Des rues Taison, Jurue, de l'Abbé-Risse et du Haut-de-Sainte-Croix.
La place Sainte-Croix est le berceau de la cité messine. Elle fut habitée dès les époques les plus reculées. Les Gaulois médiomatriques construisirent un oppidum sur ce promontoire dominant le confluent de la Moselle et de la Seille. La place tient son nom de l'ancienne église Sainte-Croix, supprimée à la Révolution, et qui s'élevait à l'angle des rues Taison et des Ecoles. Mais suivant la tradition, le signe de la croix aurait été érigé très anciennement au sommet de la colline, et aurait déterminé la construction d'une église dédiée au divin symbole. La fontaine Sainte-Croix, exécutée en 1734, subit une restauration en 1770 par le sculpteur Rollier. Elle sortit mutilée de la période révolutionnaire. Depuis, on replaça simplement la croix de pierre sur le faîte du monument. La place Sainte-Croix fut dite place de la Montagne en 1793, pour commémorer le souvenir du parti montagnard. SAINTE-GLOSSINDE (place et rue)
Elles s'étendent de l'avenue Robert-Schuman à la rue Châtillon.
II n'existe qu'un numérotage pour les immeubles de la rue et de la place. La rue fut ouverte en 1470 sur l'emplacement d'une maison ayant appartenu à l'abbaye de Gorze. Elle s'appela jusqu'en 1848 rue du Rempart Sainte-Glossinde. La place et la rue tiennent leur nom actuel de l'abbaye de Sainte-Glossinde fondée vers l'an 604. La petite église du monastère, édifiée vers 630 et reconstruite en 951, occupait l'emplacement de l'actuelle chapelle de l'évêché, bâtie en 1752. SAINTE-MARIE (rue)
Des rues du Faisan et Pierre-Hardie à celles Sous-Saint-Arnould et du Moyen-Pont.
Elle doit son nom au monastère des religieuses de Sainte-Marie dont nous avons parlé dans la notice sur la rue Saint-Louis. En 1793, la voie prit le nom de rue ci-devant Sainte-Marie. SAULCY (place du)
A l'extrémité du pont des Morts, entre la rue Belle-Isle et le boulevard Robert-Sérot.
On l'appelait place du Saulcy écrit Chabert parce que le terrain était en nature de saussaie. Et il ajoute : « A une époque très ancienne, la Moselle fut arrêtée dans son cours en avant des murs de Metz et détournée de sa direction rectiligne par une forme de digue submersible (actuelle digue des Pucelles) et de nombreuses levées de terre plantées de saules ». Autrefois existait à cet endroit un ancien château de porte, flanqué de deux tours. La création de la place, en 1737, amena la destruction de cet édifice. Le nouvel emplacement ainsi formé s'appela place du Pont-des-Morts. En 1793, il prit le nom de place du Pont-de-l'Isle. SAULNERIE (rue)
De la rue du Pont-Sailly à la rue Basse-Seille.
Tandis que les ateliers des tanneurs donnaient sur le canal de la Seille, les habitations de ces vaillants artisans s'ouvraient sur la rue Saulnerie. Pour cette raison. les Messins donnaient parfois aussi à cette dernière artère le nom de rue des Tanneurs.
Cependant, le nom de Saulnerie s'employait déjà au début du XIVè siècle. Philippe de Vigneulles parle dans ses chroniques de Salnerie. Le vocable Saulnerie, comme le mot Seille, est dérivé de sel. Les Romains avaient donné à la rivière proche, issue des riches contrées salifères, le nom de Saliae. Le segment sis entre les rues de la Petite-Boucherie et du Paradis avait nom rue de la Haute-Saulnerie, par opposition à l'autre partie descendant vers la rue Basse-Seille et qu'on appelait rue de la Basse Saulnerie, ou plus simplement rue des Corners. SERPENOISE (rue)
De la rue de Ladoucette à l'avenue Robert-Schuman.
C'était la via scarponensis, voie romaine de Metz à Reims. Elle sortait de la ville par la porte de Scarpone ou porte scarponaise. Scarpone, première station sur la route, se situait près de l'actuelle localité de Dieulouard. Par corruption, le mot scarponaise ou scarponoise devint Serpenoise.
Dans un article intitulé A travers Metz, ville romaine, Roger Clément,ancien conservateur des musées, écrit « Nous sommes au coin de la rue Serpenoise et de la rue de l'Esplanade. Attention ! Il nous faut descendre à cinq mètres au-dessous de la chaussée actuelle sur laquelle nous déambulons tous les jours. et maintenant, regardez : sur le sable du Sablon, qui est à la base de toute la vieille ville de Metz, voici trois étages de pierres brutes, placées de chant,constituant un triple « hérisson » et surmontées d'une couche de béton ; TAISON (impasse). En descendant la rue Taison, à droite, s'ouvre l'impasse Taison. Pour l'explication de ce nom, se reporter à la notice sur la rue Taison. TAISON (rue)
De Fournirue à la place Sainte-Croix.
Le chroniqueur Philippe de Vigneulles nous a transmis la légende suivante :
Saint Clément sortait de sa demeure du Haut de Sainte-Croix et se dirigeait vers les arènes romaines du Sablon pour y vaincre le terrible Graouilly. En descendant la colline, il s'arrêta et, se tournant vers la foule de dignitaires et de curieux qui l'escortaient bruyamment, il dit : Taisons-nous. Pour conserver le souvenir de ces paroles mémorables, on aurait donné à ce lieu le nom de rue Taison.
L'origine de la rue Taison se perd dans la nuit des temps. La voie romaine d'Augusta Trevirorum (Trèves), la métropole des empereurs gaulois, à Scarpona (Dieulouard), suivait sensiblement son tracé actuel. En 1832 et 1858, des fouilles mirent à jour les débris d'un édifice romain sis à l'angle de la place Saint-Jacques et de la rue de Ladoucette. C'était la statio, station postale où se relayaient les courriers impériaux, et d'où dérivent les noms de Staxon, Staixon, et enfin Taison. Une dernière hypothèse se présente. D'après Roger Clément. le mot Taison serait bien la corruption de station, mais de station liturgique. En effet, des processions au cours desquelles les fidèles portaient des croix dites stationnales s'arrêtaient à l'église Sainte-Croix, une des stations de ces processions. La rue Taison fut dite rue de ta Montagne en 1793, en souvenir du groupe de Conventionnels qui portait ce nom. L'église paroissiale Sainte-Croix s'élevait entre Jurue et la rue Taison, le portail donnant sur cette dernière rue. TANNEURS (rue des)
De la place des Paraiges à la rue Basse-Seille.
Sur le canal de la Seille, de nombreux tanneurs possédaient leurs ateliers dans des maisons à façades de bois, fort pittoresques, presque toutes disparues aujourd'hui. A la fin du siècle dernier, devant une très forte concurrence de la part d'un industriel entreprenant, Romain Sendret, auquel succéda son fils, de même prénom, les affaires des tanneurs périclitèrent. II n'en restait que quelques uns qui disparurent à leur tour lors du comblement de la rivière en 1905. La nouvelle rue prit alors le nom de rue des Tanneurs. TÉTE-D'OR (rue de la)
De la rue du Petit-Paris à la place Saint-Louis.
Son nom lui vient de l'hôtellerie de la Tête d'Or. Cet établissement, brillant par l'ancienneté et par la renommée, existait déjà au XIVè siècle à l'emplacement de la maison numéro 14. De riches personnages y logèrent :
Le 18 janvier 1473, messire Jacques de Luxembourg. (Aubrion)
En 1475 le Bastard de Lorraine N. (Huguenin)
Le 11 juin 1480, une ambassade suisse représentée par un seigneur comte et une suite de quatre chevaliers. (Aubrion)
Le 17 février 1489, un héros du duc de Lorraine. (Aubrion)
Le 18 août 1500, une partie de l'ambassade de France. (Aubrion)
En 1517, le duc de Gueldre. (Huguenin)
En 1553, Collignon Malgras, premier des Treize de la cité de Metz. (Viville).
Au cours du XVlllè siècle, nous retrouvons cette hôtellerie sous l'enseigne Au Grand Saint-Christophe.
L'hôtel de l'Intendance, où résidait l'intendant de la province des Trois-Evêchés, occupait les maisons numérotées de 5 à 19. Ce qui valut à la rue le nouveau nom de rue de l'Intendance. Lorsque la nouvelle intendance fut installée dans l'île du Petit-Saulcy,la voie prit pendant quelque temps l'appellation de rue de la Vieille-Intendance. En 1792, la rue s'appela rue de la Liberté.
En 1806, elle reprit le nom de rue de la Vieille Intendance pour redevenir quelques années plus tard la rue de la Tête d'Or.
Au début du XVIIIè siècle, la voie ne possédait pas encore d'issue sur la place Saint-Louis actuelle. Elle s'arrêtait rue de la Chèvre. En 1749, la municipalité pratiqua une percée dans le pâté de maisons afin d'établir un passage jusqu'à la place.
La nouvelle artère prit le nom de rue Neuve Saint-Louis.
Par arrêté municipal du 8 février 1936, la rue Neuve Saint-Louis se trouva rattachée à la rue de la Tête d'Or. THERMES (place et rue des)
De la rue du Pont-Saint-Georges à Vincentrue. Actuellement disparue.
La voie s'appelait en réalité rue du Therme. Pourquoi ce vocable, peut-être tout simplement une déformation de terme, ne désignerait-il pas une limite ou une borne plutôt que des bains romains comme l'affirment certains ? II fut employé au singulier jusqu'à la fin du XIXè siècle et figurait déjà dans les bans de tréfonds de l'an 1241. Dans la rue des Thermes, il existait trois artères. Deux d'entre elles, vers Vincentrue, se séparaient en deux branches. TOMBOIS (rue du)
De la rue des Capucins à la rue Basse-Seille.
De la rue des Capucins, cette artère s'ouvre sur la gauche entre de hauts murs sombres et, après un angle droit, va rejoindre la rue Basse-Seille. Autrefois, des bosquets couvraient de leur verte frondaison cette pente située hors de la première enceinte et dévalaient vers la Seille. Un cimetière y fut établi ; de là le nom de Tombois donné au passage pratiqué par la suite sur cet emplacement. On y découvrit plusieurs sépultures gallo-romaines. En 1802, la ville établit un jardin botanique dans les dépendances de l'ancien couvent des Capucins. L'église, bâtie en 1734, servait d'orangerie ; le 5 janvier 1862, un incendie l'endommagea considérablement. En vertu de l'arrêté municipal du 20 septembre 1825, la rue du Tombois reçut le nom de rue du Jardin Botanique. Elle recouvra par la suite sa dénomination première. TOUR-AUX-RATS (place et rue)
De la rue du Pontiffroy à la place Chambière. Actuellement disparues.
La rue Tour-aux-Rats écrit Chabert tient son nom d'une tour voisine sans doute ainsi nommée à cause de l'abondance des rats qui lui venaient de la rivière. Elle servait de dépôt d'armes. Un acte de 1736 mentionne une maison en Franconrue (rue du Pontiffroy) formant coin de la Tour-aux-Rats. Un autre écrit de 1394 cite en Franconrue une maison appelée Thur-Pource, c'est-à-dire Tour-aux-Puces. Entre puces et rats, un rapprochement est possible. S'agirait-il de la même tour ?
La Tour aux Rats appartenait jadis à la vaillante corporation des couvreurs. En 1552, lors du siège de Metz par Charles-Quint, elle présentait, sous le nom de plate-forme des Rats, un des principaux points de défense contre le camp brabançon installé autour de Châtillon. Dites aussi Tour-aux-Diables rats, puces, diables ! Décidément elle a toujours été mal famée elle fut, en 1614, couverte et garnie d'une cette d'escaille. (Plan de Fabert). TRINITAIRES (rue des)
De la rue du Haut-de-Sainte-Croix à la place Jeanne d'Arc.
La rue perpétue le souvenir des Pères de la Trinité ou de la Rédemption. La fondation de cette institution religieuse remonte au Xlè siècle. Les Trinitaires s'installèrent primitivement au faubourg de Mazelle, ensuite à l'extrémité de la rue actuelle des Clercs, vers l'Esplanade. Les abbés de Gorze possédaient jadis un hôtel près de Sainte-Croix, à l'emplacement de l'ancienne Cour d'Or des rois d'Austrasie. En 1561, il plut à Charles, cardinal de Lorraine, évêque de Metz et abbé de Gorze, d'y installer les religieux de la Trinité, sans demeure fixe depuis 1552. Ceux-ci y élevèrent une église en 1566. Le couvent subsista à cet endroit jusqu'à la Révolution. TROIS-BOULANGERS (rue des)
De la rue Dupont-des-Loges à celle de Saint-Gengoulf.
Nous ignorons les raisons exactes de sa dénomination. Nous pouvons supposer que trois boulangers occupaient son emplacement, ou bien qu'il y existait une boulangerie tenue par trois frères. Un rapport de la commission d'alignement, en date du 10 avril 1818,nous apprend le fait suivant :
La rue des Trois-Boulangers n'est plus que l'extrémité d'une ancienne rue nommée Grande rue des Boulangers, ruinée lors de la construction de la Citadelle ; un côté de ce qui reste est reconstruit à neuf, l'autre est composé de vieilles maisons qui seront incessamment rebâties. La Grande rue des Boulangers menait à la porte Serpenoise. Son issue donnait juste en face de cette porte. TURMEL (rue de)
De la rue des Allemands à la rue du Wad-Billy.
Son percement date de 1905-1906, et elle prit son nom en vertu de l'arrêté municipal du 27 avril 1907. Déjà en 1847, la ville projetait la réalisation d'une communication entre les deux rues précitées. M. de Turmel, né le 14 aoùt 1770 à Metz où son père était général,devint maire de notre ville par ordonnance royale du 2 février 1816, succédant au baron Marchant. II fut député de la Moselle de 1823 à 1830. Tout en remplissant les fonctions de payeur du département à partir de 1825, il conserva néanmoins celles de premier magistrat municipal jusqu'à sa démission lors des journées de juillet 1830. M. de Turmel laissa le souvenir d'un homme de bien, qui géra habilement et honnêtement les affaires de la ville tout en contribuant à l'embellissement de la cité. Sa fille, Anne de Turmel, naquit le 22 mars 1805. En 1827, elle épousa Marie-Joseph-Charles de Lardemelle et lui donna deux fils.
Mademoiselle de Turmel reste vivante dans la mémoire des Messins parce qu'elle offrit à la ville la petite cloche qui porte son nom et qui, à la cathédrale, sonne le couvre-feu. Ce don de Mademoiselle de Turmel donna prétexte à plusieurs légendes. VIGNE-SAINT-AVOLD (rue)
De la place des Charrons à la place Mazelle.
Elle tient son nom d'une vigne située jadis en ce lieu, propriété de l'abbaye de Saint-Avold. Le débouché sur la place Mazelle date de 1740. VIGNOTTE (rue de la)
De la rue Saint-Marcel à la rue Belle-Isle.
C'était d'abord une impasse donnant sur la rue Saint-Marcel. Son nom rappelle une petite vigne, ou vignotte, propriété du monastère des Pucelles, fondé en 1206 près du Moyen-Pont, hors de l'enceinte de la cité. Philippe de Vigneulles donne à cette rue le nom de Vignette, lorsqu'il relate l'arrestation de Gilles de Sapogne, en 1523 : Touttefois, après plusieurs parolles pour ce fait randue, soubz bonne gairde, il fut ramené en son logis à la Vignette a pont des Mors. VINCENTRUE (en)
De la rue Saint-Georges à celle du Pontiffroy.
Appelée encore en Saint-Vincentrue, elle conduisait à l'abbaye et à l'église de Saint-Vincent. De 1793 à 1806, elle porta le nom de rue de la Draperie. VIVIER (rue du)
De la rue des Jardins à la place de Chambre.
C'était autrefois, dit Chabert, le chemin qui menait au vivier des chanoines de la cathédrale. Auguste Prost signale que cette ruelle est déjà mentionnée dans le Cérémonial de la cathédrale du XIIè siècle : Via per Vivarium. Mais jusqu'à présent aucun historien messin n'a retrouvé les traces de ce mystérieux vivier. Si le mot vivier désigne un réservoir à poissons, il désigne aussi, selon Edouard Sauer, un gué ou un abreuvoir d'eau vive. La ruelle du Vivier conduisait à la porte aux Chevaux et à un gué où ces animaux venaient s'abreuver. C'est là qu'aurait dû se trouver le fameux vivier des chanoines de la cathédrale. II n'existe, ajoute Sauer, aucun titre dans les archives de la cathédrale déposées aux archives départementales, mentionnant l'existence de ce vivier. « Même l'inventaire détaillé de ces archives, dressé en 1664, est muet sur l'indication d'une pièce relatant l'existence de ce vivier, dont on aurait certainement parlé, s'il eût existé, soit pour le droit des chanoines, soit pour les dépenses de construction ou de réparations, soit enfin pour les sommes payées aux pêcheurs ou employés à cet effet. ». Mentionnons encore deux vers d'un poème sur la Guerre de Metz, en 1324 :
Ver Saint Gergone ait ung vivier.
II n'ait si bel jusqu'a Savoie.
Vers Saint-Gorgon est un vivier,
Tel qu'il n'y en a pas jusqu'en Savoie. WAD-BILLY (rue du)
De la rue Mazelle au boulevard André-Maginot.
Pour l'explication du mot Wad, reportons-nous à la notice sur la rue soit enfin pour les du Grand-Wad. Billy est un nom patronymique messin. Des bans de tréfonds du Xllle siècle mentionnent les noms de Bugle. Bugley et Bugly. Bugley ou Bugly, écrit M. d'Hannoncelles. se prononçait Bully ou Billy. Un Jehan Bugley exerçait au XIV° siècle le métier de changeur. Il fut inhumé à Saint-Clément. Sa soeur, Marguerite Bugley, épousa Joffroy Sollate, également changeur, dont l'épitaphe existait dans l'église Saint-Simplice. Le fils de Jehan Bugley le changeur, Jehan Bugley le prêtre, possédait son tombeau dans l'église du Petit-Clairvaux, en Chaplerue. Thiébault Bugley fut maître-échevin en 1355. Sur un plan de 1738, la rue du Wad-Billy est appelée rue derrière le Loup, parce qu'elle donnait sur l'arrière de l'hôtellerie Au loup, sise au numéro 53 de la rue des Allemands. WAD-BOUTON (rue du)
De la rue Mazelle au boulevard André-Maginot.
Des actes de 1386, 1514, 1531 et 1630 citent la rue du Waide-Bouton. Bouton, comme Billy, était un nom patronymique assez répandu dans l'ancienne bourgeoisie messine. Des orfèvres, des horlogers, des ébénistes le portèrent. WINSTON-CHURCHILL (rue)
De la rue Haute-Pierre à la rue Serpenoise.
Elle évoque la mémoire du célèbre homme d'état anglais, qui visita Metz à plusieurs reprises, notamment en 1946. Elle avait nom précédemment rue de l'Esplanade, parce qu'une partie de son cours, du Palais de Justice à la rue des Clercs, borde cette belle promenade messine. Jadis, on l'appelait rue du Rempart de la Citadelle, ou tout simplement rue de la Citadelle, à cause du voisinage de cet important ouvrage militaire disparu. En 1918, elle se prolongeait, sous le nom de rue Neuve de l'Esplanade, jusqu'à la place Saint-Martin. Ce segment porte, depuis octobre 1919, le nom de rue du Coëtlosquet. |